Suite à une enquête menée par le gouvernement russe, la licence Call Of Duty a reçu une étiquette peu reluisante, celle de véhiculer des messages russophobes. Il est vrai que le Capitaine Price et sa valeureuse force d’intervention 141 dans la licence Modern Warfare est très souvent confronté à la Russie, tout comme Alex Mason et sa troupe de Black Ops dans la série éponyme. Pour contrer cette licence à l’image néfaste pour la Russie, le député à la Douma Mikhaïl Delyagin vient de proposer le développement d’un Call of Duty killer entièrement développé et imaginé par la Russie.
Le jeu vidéo qui venait du froid
C’est par le biais du média russe IXBT que la nouvelle est confirmée. En effet, le ministère du développement numérique russe vient d’approuver la demande faite par Delyagin et serait également disposé à injecter pas moins de 10 milliards de roubles (110 millions d’euros) dans le projet. Un minimum pour un projet de cette ampleur sachant que le reboot de Modern Warfare et Black Ops: Cold War auraient respectivement coûté environ 640 et 700 millions de dollars. Le ministère du développement numérique indique également que les entreprises innovantes dans le domaine informatique et du développement de jeu vidéo pourraient profiter de certains avantages comme des taux d’imposition réduits ou encore des exemptions de TVA. Quoi de mieux pour motiver ?
Il ne manque plus désormais qu’un studio capable d’endosser cette lourde responsabilité, celle de proposer une variante de Call of Duty faisant la propagande de la Russie et de ses intérêts, comme peut le faire Activision et Treyarch.
Ce n’est pas la première fois que la Russie tente d’éclipser la production vidéoludique occidentale. En 2024 déjà, suite à la désertion des géants Sony, Microsoft et Nintendo du marché russe, le leader russe Vladimir Poutine avait créé la fondation Skolkovo censée produire des consoles pouvant rivaliser avec PlayStation et autres Xbox. Le projet fut un échec cuisant, notamment dû à une crise technologique empêchant la Russie de mettre la main sur des produits essentiels pour la conception de consoles modernes : les semi-conducteurs avancés. En sera-t-il de même avec ce projet de concurrent à Call of Duty ?
Un concurrent qui ne proposera rien de bien mieux ?
En accusant Call of Duty et ses créateurs de véhiculer un message russophobe, le gouvernement qui venait du froid poursuit sa propagande. En souhaitant faire un miroir de Call of Duty, la Russie se contentera de proposer des campagnes et des histoires inversées de celles que nous connaissons. Le Capitaine John Price et autre Jack Mitchell seront les opposants à un fier et courageux régime russe qui défend ses intérêts et ceux de ses alliés de la plus loyale des manières. Et des personnages comme Vladimir Makarov et Roman Barkov seront des martyrs de la nation. En plaçant les joueurs dans les bottes d’un soldat russe contre des opérateurs américains, britanniques et même ukrainiens, Vladimir Poutine compte bien user de la sphère du jeu vidéo pour inculquer des valeurs patriotiques à la population et aux joueurs.
Ce Call of Duty sauce russe ne sera qu’un énième outil de propagande pour le gouvernement comme peut l’être Battlefield, America’s Army et autre Delta Force à l’époque. La démarche est étrange mais pas forcément irréfléchie au regard des différentes propositions vidéoludiques venues de Russie. Atomic Heart, par exemple, se faisait un malin plaisir de détourner les codes du patriotisme à outrance pour livrer une critique relativement amère du système russe. Mais ne soyons pas dupes, en se focalisant spécifiquement sur la licence Call of Duty, la Russie sait pertinemment où elle mettra les pieds. Espérons que la proposition ne sera jamais finalisée.

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