Contrairement à ce qui était pressenti, Anchor Point Studios ne va pas fermer. Fondé en 2022 sous l’égide de NetEase, il a récemment été annoncé que le studio s’émancipait du giron de sa maison mère. Il est implanté en Espagne, possède une antenne aux États-Unis et ne compte pour l’instant aucun jeu à son actif. Cette lutte contre le destin funeste qui a déjà frappé maintes studios occidentaux fermés par NetEase pourrait s’étendre à d’autres. Et cet évènement pourrait être révélateur d’une implication néfaste de NetEase sur les projets.
Le directeur de l’entreprise qui prend son indépendance n’est autre qu’un ancien lead director de Control et Alan Wake 2 (Remedy), Paul Ehreth. C’est lui-même qui a annoncé la nouvelle sur LinkedIn. Il se dit « optimiste » et « excité ». Cette décision va permettre au studio de « se focaliser sur [sa] vision avec d’autant plus de précision » et de faire naître de « nouveaux partenariats qui concordent avec [ses] ambitions créatives ».
Ces déclarations font transparaître une certaine appréhension de Paul Ehreth quant à NetEase. Pourtant, dans son tweet de 2025, ce dernier ne semblait pas représenter un frein aux visions artistiques du studio. Il faut dire qu’à l’époque, la maison mère portait un projet de soutien des studios tout en menaçant de procéder à des restructurations « inévitables ».
Quel avenir pour les autres studios NetEase ?
Peut-être faut-il voir dans cette décision la tentative d’éviter à Anchor Point Studios de couler face aux menaces de fermeture. Après tout, la structure tentaculaire chinoise a déjà fermé cinq studios, dont certains venaient à peine d’être fondés et n’avaient pas eu le temps de sortir le moindre jeu.
NetEase ne développe ou n’édite quasiment que des jeux asiatiques multijoueurs et free-to-play (Fantasy Westworld Journey Online, Identity V, Where Winds Meet, Marvel Rivals). Ces derniers représentent d’ailleurs 97,3% de ses revenus liés aux jeux vidéo, en hausse de 10,1% par rapport à l’année dernière. La volonté de diversifier les productions avec des jeux solo semble pourtant une réalité, comme en témoignent les sorties récentes ou prochaines des jeux japonais Romeo is a Dead Man (Grasshoper) et Stupid Never Dies (GPTRACK50), ou encore des jeux chinois Sea of Remnants (Joker studio), Blood Message (24 Entertainment) et Ananta (Naked Rain).
Un seul projet issu des studios occidentaux possédés par NetEase est connu : Spellcasters Chronicles, le prochain MOBA du studio français Quantic Dream. Un jeu multijoueur là encore, pourtant développé par un studio habitué aux jeux solo (une grande partie du studio étant toujours attelée à la réalisation de Star Wars Eclipse). Les autres studios occidentaux (Royaume-Uni, États-Unis, Montréal…) n’ont pas encore divulgué la nature de leurs projets.
Les jeux chinois à gros budgets, dépourvus de format physique et qui génèrent des revenus par les micro-transactions s’avèrent bien plus avantageux financièrement que les expériences solo. Celles-ci sont plus limitées en rejouabilité et ont un coût de développement élevé pour des revenus moindre. Il est donc possible que NetEase se ravise et se détourne finalement du modèle occidental, mettant en péril l’avenir de certains studios qu’il a acquis ou fondés récemment.
L’actualité nous rappelle tristement que quelque soit la longévité d’un studio possédé par un grand groupe, il peut tout à fait être fermé précipitamment, et ce dans l’unique but de produire une rentrée de liquidités à court terme qui flatte le portefeuille des actionnaires. Anchor Point Studios a pris une décision qui pourrait inspirer d’autres entités du milieu. Mais ce choix impose au studio la nécessité de retrouver rapidement des investisseurs et des partenaires.

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