Tout ne s’est pas passé comme prévu pour le film The Electric State, adaptation du génial roman graphique de Simon Stalenlhag, qu’on n’aura de cesse de recommander (et ici, il s’agit d’un vrai roman graphique, et pas d’une B.D. qu’on appellerait « roman graphique » pour anoblir le genre – comme s’il en avait besoin…).
Malgré un budget record, et la star maison Millie Bobby Brown à l’affiche, épaulée par Chris Pratt, Giancarlo Esposito ou Woody Harrelson, le film n’aura pas emporté les foules. La critique s’est montrée relativement sévère avec ce qui reste pourtant un divertissement familial de bonne facture, tout à fait à sa place sur une plateforme vidéo, ni meilleur mais ni moins bon que la majorité des blockbusters hollywoodiens qui sortent chaque été. Son vrai gros défaut est peut-être de s’être trop éloigné du matériau original, l’ouvrage de Stalenhag, dont l’ambiance mélancolique et solitaire tranche avec le cabotinage de Pratt, les explosions, et les punchlines mitraillées tout au long du film.
Cela étant, The Electric State était prévu comme une sortie importante pour Netflix, et comme pour Emily In Paris, Squid Games ou Stranger Things, le géant américain avait prévu un jeu vidéo compagnon pour le film : Kid Cosmo. Et il s’avère que le titre n’est pas complètement inintéressant, au contraire.
Il s’agit d’un jeu hybride, entre néo-rétro et œuvre narrative. On y découvrira quelques tranches de vie de Michelle (l’héroïne du film, interprétée par M.B. Brown dans le film, mais pas dans le jeu) et de son frère, Chris, avant les évènements tragiques racontés dans le film. On vivra avec eux des moments organisés autour du jeu vidéo qu’ils partagent, et c’est ici qu’intervient le gameplay. Quand Chris démarre la console, c’est à nous de jouer.
La machine, retro-futuriste, est un mix entre les « jeux électroniques » post-Game & Watch du début des années 90 (Tiger…) et un Game Boy, émulée sur l’écran de notre smartphone. On peut retourner la console, rendue en 3D, pour y insérer une cartouche, accéder au bouton On/ Off… On prend les commandes du jeu Kid Cosmo mais l’histoire de Michelle et Chris ne s’interrompt pas pour autant, puisque tous deux continuent de discuter, de se disputer parfois, pendant la partie, qui peut être interrompue à tout moment par un « les enfants, on mange ! », par exemple. Les dialogues du jeu sont entièrement doublés, et s’affichent en surimpression, un peu comme des sms.
Le jeu lui-même est assez sympathique ; il s’agit d’une variation sur le principe d’un Sokoban, avec la particularité de faire défiler le temps à chaque action (les ennemis ne bougent pas tant que le personnage reste immobile, comme dans un Crypt of the Necrodancer). Mais le mélange réussi avec la partie narrative rend le tout relativement immersif, et on prend plaisir à suivre l’évolution des relations entre les deux enfants, surtout en sachant ce qui les attend.
Il faut peut-être faire partie de la minorité ayant apprécié The Electric State, le film, pour réussir à se plonger dans le jeu ? Retenons tout de même que pour un accessoire marketing, cela reste étonnamment solide, et vous accompagnera agréablement quelques heures, par exemple dans les transports en commun. D’autant plus que, comme d’habitude avec les jeux Netflix, The Electric State: Kid Cosmo est accessible aux abonnés sans aucun surcoût.
La série live action Assassin’s Creed de Netflix donne des signes de vie
Bear
Fermeture de « Team Blue » – Netflix retire ses pions du jeu vidéo ?
n1co_m
Harmonium – Le jeu qui va imposer Netflix comme un grand acteur du jeu vidéo ?
n1co_m