Le 3 février 2025, Ubisoft a discrètement mis en ligne The Division Definitive Edition. Sans annonce, sans communication, et surtout sans la moindre amélioration technique. Comme si l’éditeur français cherchait activement à alimenter la défiance de sa communauté.
Ce matin, les joueurs ont donc découvert l’apparition de The Division Definitive Edition sur les boutiques en ligne PlayStation et Xbox. Vendue 49.99€, cette édition se présente comme la version ultime du titre. Le problème? Elle n’a de « définitive » que son nom? Concrètement, cette version comprend le jeu de base, les trois extensions du season pass, ainsi que plusieurs packs cosmétiques incluant des tenues et des skins d’armes. Point barre. Aucune amélioration graphique, aucune version native pour PS5 ou Xbox Series, aucune optimisation technique. Rien.
L’art de se tirer une balle dans le pied
Le jeu tourne en retrocompatibilité sur les consoles actuelles et profite du patch 60FPS déployé en décembre dernier. Cette mise à jour était déjà disponible pour tous les possesseurs du jeu. Elle n’a aucun rapport avec cette édition. Ubisoft a donc simplement rebaptisé son ancienne Gold Edition, saupoudré quelques cosmétiques par-dessus et ose réclamer 50€ pour un produit déjà existant. Le terme Definitive Edition implique normalement un travail de remasterisation, des ajouts techniques, une plus-value quelconque. Vous n’aurez donc que du vent vendu au prix fort.
Plus révélateur encore : l’absence totale de communication. Ni le compte officiel d’Ubisoft, ni celui de The Division n’ont rien dit à son sujet. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle nous avons mis la bande-annonce de lancement originel. Cette discrétion ne ressemble donc pas à du marketing audacieux mais plutôt comme une honte assumée. Ubisoft doit bien se douter que son produit n’a aucune justification à son existence.
Le shadow drop — sortir un jeu sans annonce pour créer la surprise — fonctionne lorsque l’on a quelque chose à montrer. Quand on n’a rien, ça ressemble surtout à une tentative de passage en force avant que quelqu’un ne remarque la supercherie. Cerise sur le gâteau : la Definitive Edition n’est même pas disponible sur PC. Ni Steam, ni sur le store Ubisoft. Difficile de faire plus bancal comme lancement.
Finalement, on pourrait presque admirer la constance d’Ubisoft dans l’auto-sabotage. l’éditeur enchaîne les bad buzz comme d’autres enchaînent les succès : restructurations douloureuses, licenciements en cascade, annulation du remake de Prince of Persia: The Sand of Time après des années de développement chaotique, performances catastrophiques de Star Wars Outlaws qui n’a convaincu ni la critique ni le public. La semaine dernière, un employé qui s’est retrouvé suspendu pour avoir osé critiquer la direction s’est finalement fait licencié.
Dans ce contexte explosif, n’importe quel éditeur sensé marcherait sur des œufs. Ubisoft, lui, choisit de balancer une édition « définitive » vide de substance à 50€, comme pour vérifier jusqu’où la patience des joueurs peut être poussée.
The Division fêtera ses 10 ans en mars. Dix ans d’une licence qui a su fédérer une communauté fidèle malgré des hauts et des bas. Cette communauté ne mériterait elle pas mieux qu’un bundle recyclé jeté sur les stores sans un mot ? D’autant plus que The Division 3 est en développement. Julian Gerighty, avant de claquer la porte pour rejoindre EA, promettait un jeu qui aurait « autant d’impact que le premier opus ». On veut bien le croire. Mais si Ubisoft continue de traiter ses franchises et ses fans avec autant de désinvolture, il n’est pas certain qu’il reste grand monde pour s’en soucier…

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