C’est un affrontement historique pour l’esport français qui s’est joué ce samedi 14 Mars : lors de la Capcom Cup, un joueur français, Kylian « Kilzyou » Faucheux, s’est hissé jusqu’à la finale de la compétition. C’est une première pour un joueur européen, battant ainsi le record de Olivier « Luffy » Hay, qui était arrivé jusqu’en demi-finale en 2014. Toutefois, notre joueur n’arrivera pas à transformer l’essai, s’inclinant contre le Japonais Sahara, lui-même un joueur au profil surprenant.
En une journée, couronner le plus grand joueur de Street Fighter au monde : voilà ce qu’est la Capcom Cup. Culmination d’une année compétitive, il faut participer à divers tournois pour s’y qualifier, parmi lesquels on compte l’EVO. La Capcom Cup est donc loin d’être une simple étape : le gagnant de cette compétition devient champion du monde de Street Fighter et empoche un million de dollars.
Kilzyou aura eu un beau parcours dans cette compétition : invaincu lors des phases de groupes, il a su s’imposer lors de matchs disputés en quart et demi-finale. Une belle revanche sur l’année dernière, où le joueur français de 24 ans s’était vu éliminé dès les phases de groupes. Cette performance n’aura cependant pas été suffisante face à Sahara en finale, qui a triomphé 5-1.
Si le profil de Kilzyou nous est forcément familier, celui de son adversaire l’est beaucoup moins. Sahara n’est pas un joueur connu du milieu du jeu de combat, puisqu’à l’origine, il était en réalité un joueur professionnel de FPS, notamment connu pour ses performances sur Fortnite et Valorant. C’est avec Street Fighter 6 qu’il commence à s’intéresser au jeu de combat.
C’est il y a un an, à travers un programme de coaching lancé par la structure Reject et Haitani, l’un des cinq dieux des jeux de combat japonais, que le nom de Sahara commence à être connu. Il enchaine depuis de bons résultats en tournois, se hissant facilement dans les dix joueurs les plus forts du moment avant le début de la compétition.
Une finale de Capcom Cup historique, mais globalement peu accessible
Si la finale était belle, et que la Capcom Cup est le temps fort de l’année compétitive de Street Fighter, quel dommage alors que Capcom l’ait rendue si inaccessible. Pendant que les éditeurs de jeux esport cherchent tous à trouver un modèle économique pérenne, Capcom a fait, avec cette Capcom Cup, quelque chose d’impensable : cette année, il fallait payer pour pouvoir regarder la compétition.
Le système de pay-per-view, qui avait déjà fait beaucoup parler de lui en Octobre dernier, a bel et bien été implémenté malgré les déclarations des développeurs du jeu, qui n’étaient pas forcément d’accord avec le modèle imposé par Capcom. Cela signifie donc que le tournoi a largement été moins suivi qu’à l’accoutumée et que les retombées médiatiques seront moindres de manière générale, puisque les images du tournoi ne seront pas immédiatement retransmises et diffusées, pire encore : il était interdit de parler de ce qu’il se passait jusqu’à l’élimination du joueur que l’on souhaitait mentionner.
C’est une grande perte, puisque déjà peu de matchs sont retransmis de manière officielle à l’année. C’est l’un des enjeux des jeux de combat du genre, et beaucoup de structures s’y sont mordus les doigts : comment transmettre le travail et les performances d’un joueur alors que tant de matchs ne sont pas retransmis en direct ? Si on commence à limiter en plus le direct à un coût, qui est le même partout, peu importe la devise du pays de visionnage, il sera encore plus difficile de mettre l’esport Street Fighter sur le devant de la scène.
C’est une situation d’autant plus dommageable qu’historiquement, la compétition de jeu de combat est porté par les joueurs eux-mêmes, et est particulièrement plébiscité au près des classes populaires. Ces dernières années, entre le rachat de l’EVO par Qiddyah, et maintenant ce système de diffusion, il faut espérer que les jeux de combat réussissent à garder cette image d’accessibilité et d’ouverture, contre tous ces événements qui pourraient presque faire craindre à une forme de gentrification de la scène compétitive, à contre-courant de ses origines et de ce qui en aura fait sa beauté.

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