Deux petits jours auront été suffisants pour que l’on soit témoin de deux gros bouleversements dans l’industrie du jeu vidéo. Ainsi, quand Sony annonçait le démantèlement de son studio Bluepoint Games, Microsoft préparait, quant à lui, une nouvelle non moins perturbante pour le public. Surtout quand l’une des figures qui lui est associée a, depuis tant d’années, trôné à la tête des influentes conférences.
Xbox change de face
Après avoir rejoint Microsoft il y a plus de 30 ans et accédé à la tête d’Xbox en 2014, Phil Spencer a donc décidé à la surprise générale de tourner la page. Une annonce qui circule ici et là, appuyée par la présence et la circulation publique de certains mails diffusées en interne. Des mails qui, bien entendu, n’auront nullement la prétention d’être particulièrement détaillés, ne se bornant qu’aux louanges de circonstances émises par le grand patron de Microsoft Satya Nadalla.
Finalement, l’un des seuls éléments informatifs à disposition, c’est l’immédiateté même de cette mise en retrait volontaire (du moins est-ce la version consensuelle) de Spencer, lequel restera notamment jusqu’à l’été prochain dans le rôle de conseiller afin de faciliter la transition. Et pour cause, elle prendra effet à partir du 23 février prochain. C’est dire qu’elle était déjà actée depuis un moment déjà, soit depuis l’automne comme le confirme le principal intéressé :
“L’automne dernier, j’ai fait part [à Satya Nadella, PDG de Microsoft] de mon intention de prendre du recul et d’entamer un nouveau chapitre de ma vie. Dès lors, nous avons convenu d’aborder cette transition de manière réfléchie, en veillant à assurer la stabilité et à renforcer les fondations que nous avons construites. Xbox a toujours été plus qu’une simple entreprise. C’est une communauté dynamique de joueurs, de créateurs et d’équipes qui se soucient profondément de ce que nous construisons et de la manière dont nous le construisons. Et cela mérite un plan mûrement réfléchi et délibéré pour l’avenir.”
Pour le remplacer, c’est Asha Sharma qui a été choisie pour occuper le bureau de la présidence. Dirigeant jusque-là, la branche Core AI de Microsoft, elle œuvrera, comme annoncé, en collaboration avec Matt Booty (promu au poste de directeur de contenu) pour, selon les dires partagés, œuvrer à la proposition des “titres exceptionnels”. Un élément de langage d’une banalité tout à fait à propos dans ce genre de situation…
Une nomination qui surprendra quand l’on prend en compte un fait que l’on a délibérément tu : le départ d’une seconde personnalité clé d’Xbox. Celle qui était pressentie comme l’héritière de Spencer : Sarah Bond. Alors a-t-elle suivi son “patron”, dans un sentiment de déception, sachant probablement qu’elle perdait un avantage au sein de la société ? Eh bien, on ne peut que spéculer. Quoiqu’il y a forcément mieux à faire. Car, quitte à s’interroger sur le pourquoi “réel” d’un tel bouleversement ?
Des départs salutaires ?
Deux départs de cette stature ne sont absolument pas anodins et revêtent un symbolisme certain. Surtout quand l’on se réfère au précédent poste de la prochaine présidente, qui, on l’a relevé plus tôt, officiait à Core AI. Un révélateur quant à la volonté de Microsoft d’affirmer et entériner une position nouvelle sur l’utilisation intensive des outils liés à l’intelligence artificielle ? Eh bien, Sharma veut nous détourner de cette éventualité :
“À mesure que la monétisation et l’IA évoluent et influencent cet avenir, nous ne rechercherons pas l’efficacité à court terme et n’inonderons pas notre écosystème d’IA sans âme. Les jeux sont et resteront toujours des œuvres d’art, conçues par des humains et créées à l’aide des technologies les plus innovantes que nous proposons.”
Des propos (circulant chez Xbox) qui se veulent donc rassurants, mais qui ne constitueront, à nos yeux, que l’empreinte même de la bonne vieille démagogie. Car, en termes de crédibilité, il faut le dire, on repassera… Toutefois, il n’est rien de plus compréhensible : la nomination de Sharma pouvant faire l’objet de féroces discussions au sein des équipes, il est nécessaire pour Xbox de vouloir temporiser.
Mais, dans les faits, on ne pourrait s’y tromper : avec un tel remue-ménage, Microsoft préparerait sûrement une nouvelle ligne stratégique digne de l’ancrer dans le nouveau monde (dominé par des outils décriés par le grand public) qui se dessine. Doit-on ainsi craindre le pire pour la proposition vidéoludique contrairement à ce que Sharma nous en a dit ? Ça, on ne le verra que dans les prochains mois.

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