Les adaptations de jeux vidéo sont souvent synonymes d’échec artistique. Même quand le succès commercial est au rendez-vous, le défi reste colossal : comment réunir le grand public et les fans de la première heure sans trahir l’œuvre ? Si certains s’en sortent mieux que d’autres, faire l’unanimité relève presque du miracle. Pourtant, c’est précisément dans cette faille que des projets inattendus viennent parfois bousculer les codes.
Il faut alors (encore) se tourner vers le monde indépendant pour dénicher des pépites valant réellement le détour. On se souvient du court-métrage avec Nathan Fillion dans le rôle de Nathan Drake : une proposition bien plus fidèle à l’esprit du jeu que le film officiel sorti plus tard. C’est précisément cette authenticité que le public recherche.
Un autre exemple frappant nous vient, cette fois-ci, de la culture web : le phénomène des backrooms. Cette creepypasta qui a retourné le web a engendré une myriade de médias, dont de nombreux jeux indépendants. C’est le créateur Kane Pixels qui popularisera le genre avec ses vidéos réalisées seul. Grâce à sa notoriété grandissante, le studio A24 lui a finalement confié la réalisation d’un long-métrage prévu pour le 29 mai. Un projet qui réunira les moyens d’un studio reconnu et le talent brut de Kane Pixels… Reste à voir si sa vision ne sera pas aseptisée par les contraintes d’une production de cette envergure. Un premier teaser sorti tout récemment permet néanmoins de rassurer sur la patte graphique que Kane Pixels a su insuffler.
Iron Lung : Le projet fou de Markiplier
Pour ceux qui suivent la scène YouTube anglophone, le nom de Markiplier est incontournable. Véritable pilier de l’horreur, il s’est lancé il y a quelques années un défi fou : réaliser son propre film basé sur Iron Lung, un jeu d’horreur indépendant de David Szymanski qu’il affectionne particulièrement. En plus de diriger la réalisation, Markiplier endosse également le rôle principal, portant ainsi son projet de bout en bout avec une implication totale.
Prendre un tel pari avec un jeu aussi niche était risqué, même pour un créateur suivi par des millions d’abonnés. Pourtant, c’est peut-être là que réside le génie du projet. Entre une fanbase fidèle et la curiosité suscitée par une telle figure, Iron Lung semble avoir réussi son pari. Avec un démarrage à 43,5 millions de dollars au box-office mondial pour un budget de seulement 4 millions, Iron Lung prouve une fois de plus que l’indépendance surprend là où les gros studios échouent. En France, la diffusion a eu lieu les 19 et 20 février derniers : un créneau court mais stratégique, idéal pour réduire les coûts de distribution tout en occupant un maximum de salles.
Il ne suffit pas de simplement adapter une licence connue pour garantir un succès. La passion que Markiplier a injecté dans son projet semble avoir suffi à convaincre un large public. C’est une belle leçon pour les grands studios : respecter son matériau d’origine tout en y insufflant son âme permet de combiner, avec brio, profit et attentes du public. Reste maintenant à voir si, au-delà du succès financier, le film confirmera ces espoirs sur le plan purement cinématographique.

Critique film Retour à Silent Hill – Mieux vaut retourner jouer
Kivy

Critique Five Nights at Freddy’s 2 – Les animatroniques tentent de sauver le film
Kivy

Bioshock – Le film sort enfin de l’enfer du développement
Bear