Lors des derniers Game Awards, Highguard fut l’annonce surprise finale de la cérémonie animée par Geoff Keighley. Surprise car, et c’est devenu rare dans l’industrie, rien n’avait particulièrement filtré autour de cette annonce, mais aussi par la nature du titre, un free-to-play assez lambda, en apparence du moins, faisant pâle figure après les autres trailers de blockbusters diffusés ce soir là.
Un coup de projecteur monstre néanmoins pour le titre de Wildlight Entertainment, fondé par d’anciens développeurs de Titanfall et Apex Legend. D’autant que c’était sans compter sur l’indéfectible soutien du maître de cérémonie, avant la présentation du jeu, bien sûr (les Game Awards étant avant tout un show publicitaire), mais surtout des semaines après, sur ses différents réseaux sociaux où le présentateur n’a eu de cesse de (sur)vendre le titre.
Homme-sandwich 3.0
C’est son droit, évidemment, et on pourrait penser au premier abord que le bougre a eu un coup de cœur sur Highguard. Après tout, nous avons tous nos batailles vidéoludiques. Il n’empêche que la manœuvre n’est pas bien habile et le forcing était un peu trop… forcé. Et puis le jeu est sorti, et les retours furent très mitigés. On est loin de la catastrophe, certes, mais comment ce professionnel de l’industrie, avec près de 30 ans de carrière dans le jeu vidéo, a-t-il pu se tromper à ce point ?
De là à penser qu’il pourrait y avoir d’autres intérêts en jeu, il n’y a qu’un pas. Il faut dire que les éléments ne plaident pas en la faveur du bonhomme. Pour ceux qui ne s’en souviennent pas, Geoff Keighley était, en 2012, au cœur d’un scandale qu’on surnomma le Dorito’s Gate. Alors journaliste à l’époque, il nous présente sa critique de Halo 4 au milieu d’ostensibles publicités pour du Montain Dew et des Doritos.
En fallait-il plus pour remettre en question l’indépendance des rédactions ? Un débat qui continue de courir aujourd’hui d’ailleurs, dans un monde où la qualité de l’information est challengée par les contraintes SEO et la « course au clic ». Les causes changent, les maux persistent. Mais ceci est un autre sujet.
Toujours est-il que l’homme d’affaire canadien n’en est pas à son coup d’essai avec ces « ménages » (prestations rémunérées par des journalistes pour mettre leur notoriété au service d’une marque). Est-ce le cas ici ? Geoff Keighley serait-il gratifié si le titre franchi certains seuil de joueurs ? Difficile à dire, d’autant que les différentes parties ont nié de tels intérêts. Et dire qu’en respectant un simple devoir de réserve, tout ce pataquès nous aurait été épargné.
Flop ou top ?
Nous l’avons souligné précédemment, Highguard a reçu un accueil mitigé de la part de la presse, avec un Metascore de seulement 67. Du côté des joueurs, la sanction est encore plus dure avec un tout petit 2,4/10. Pour autant, en termes d’utilisateurs, on est loin de la catastrophe pressentie. Pour son lancement, le titre a accueilli près de cent mille joueurs en simultané, signe d’un certain attrait des amateurs de hero-shooter. Bon, depuis, le soufflet est bien retombé, avec à présent dix fois moins de personnes connectées.
À titre de comparaison, un Arc Raiders, succès surprise de la fin d’année dernière, continue d’accueillir plus de trois cent cinquante milles raiders. Helldivers II atteint quant à lui les cinquante milles joueurs. À contrario, un Concord n’avait lui réussi à accueillir que 697 malheureux avant que le jeu ne soit définitivement fermé par PlayStation.
Cela n’est sans doute pas suffisant pour que Highguard soit pérenne sur le long terme, mais les développeurs ont au moins suffisamment de latitudes pour améliorer leur titre tout en fédérant leur communauté. C’est en ce sens d’ailleurs que le studio a annoncé sept épisodes (équivalent de saisons) dont le second débutera dès février avec au programme un nouveau gardien, une nouvelle carte, une monture ursidé et un mode classé.
Plein de belles intentions pour l’avenir donc. Et maintenant que Highguard est débarrassé de son encombrant homme-sandwich et de la pression d’avoir été le « one-more thing » de la plus grosse cérémonie vidéoludique annuelle sans en avoir l’étoffe, ses développeurs vont pouvoir se recentrer sur l’essentiel, le jeu. Et qui sait, peut-être que pour les Game Awards 2026, le titre obtiendra le prix du meilleur suivi de jeu. Voilà qui ferait un joli pied de nez.

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