Au début des années 90, les deux grosses consoles 16 bits de l’époque, la SEGA Mega Drive et la Super Nintendo, étaient vendues toutes deux 1290 francs, en bundle avec jeu et manettes (Sonic avec la Mega Drive, et Super Mario 4 avec la SNES, évidemment !). Exactement à la même époque, comme nous l’apprennent les publicités publiées dans la presse spécialisée, un ordinateur de jeu Amiga 600 coutait 3000 F., et même 4850 F. avec son moniteur (un périphérique dont on pouvait difficilement se passer…). Enfin, le haut de gamme des 90’s, le PC, était vendu entre 7000 F. et plus de 15000 F. pour les machines équipées de cartes graphiques et de cartes sons.
Un calcul rapide nous montre donc qu’un Amiga 600 coûtait 2,3 fois le prix d’une console 16 bits (3,8 fois avec le moniteur), et qu’un PC coutait lui entre 5 et 12 fois plus cher que ces mêmes consoles.
Des publicités parues dans le magazine Joystick de juillet/ aout 1992
La console de jeu était alors la machine populaire faite pour démocratiser le jeu vidéo. Pas de connaissance technique nécessaire, son fonctionnement était « plug and play », et son prix la rendait relativement accessible en comparaison des ordinateurs. Les micro-ordinateurs, comme on les appelait à l’époque, étaient, eux, réservés à un public capable à la fois de les utiliser (tout ne fonctionnait pas encore via des interfaces graphiques, et il fallait souvent entrer des lignes de commandes, par exemple), mais surtout de les payer !
Des consoles à 2000€
35 ans plus tard, la situation est bien différente, et va encore s’aggraver. Nous écrivions hier sur la possibilité de plus en plus crédible de voir une PlayStation 6 dont le prix pourrait s’approcher des 2000€. Nous apprenons aujourd’hui que le Projet Helix, la console Xbox de prochaine génération, pourrait être vendue entre 1200€ et 1800€. Le magazine Fortune, qui publie un long portrait d’Asha Sharma, évoque en effet ces tarifs « sauf si Microsoft décidait de subventionner la console ».
1800€, c’est aujourd’hui le prix d’un bon PC orienté gaming. Les consoles, vendues autrefois 10 fois moins chers que les PC, se dirigent ainsi aujourd’hui vers un prix équivalent. Et même en prenant le haut du spectre des PC, comme les machines Razer ou Alienware, réputées coûteuses, on arrivera difficilement au ratio de 1 à 12 des années 90.
Alors que la création de jeu vidéo n’a jamais été aussi démocratisée, avec des outils gratuits et de plus en plus faciles à prendre en main (sans même parler de l’assistance que l’on peut obtenir avec les I.A.), c’est la pratique elle-même qui s’éloigne du grand public pour être, de plus en plus, réservée à une fraction fortunée de la population.
Heureusement, il nous restent les indés, qui peuvent se révéler aussi géniaux qu’économes en ressources, à l’image de Ööö, Blue Prince, The Mermaid Mask ou Big Walk…

Test The Mermaid Mask – Nautilus en bois, enquête en béton
Sreex

Test Blue Prince – Le vertige architectural
broccomilie

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