John Carpenter’s Toxic Commando : à la lecture du titre, on est perplexe. Il est rare de voir le nom d’un cinéaste culte ainsi placardé en tête d’affiche, comme s’il s’agissait de l’adaptation d’un de ses propres films. Ici, c’est pourtant un univers original qui tente de s’imprégner de la patte Carpenter. Alors, simple coup marketing pour attirer les cinéphiles ou véritable hommage au maître de l’horreur ?
Les développeurs de chez Saber Interactive, bien connus pour leurs jeux à licence comme World War Z, ont une expertise qui rassure sur la partie technique et le massacre de hordes. Reste maintenant à savoir si le titre parvient à se démarquer une fois la manette en main et si l’ambiance « Carpenter » dépasse le stade de la simple étiquette.
(Test de John Carpenter’s Toxic Commando réalisé sur PS5 via une copie du jeu fournie par l’éditeur)
Dans un futur proche, l’entreprise technologique Obsidian, sous la direction du PDG Leon Dorsey, a lancé un projet pour exploiter la puissance du noyau terrestre. Au fil du temps, de plus en plus de personnes ont commencé à se rassembler sur le site de forage. Ils semblaient attirés par un sentiment étrange et affirmaient voir une forme démoniaque lorsqu’ils fermaient les yeux…
Ce n’est que le 29 octobre 2033 que la véritable source du chaos se révèle enfin : le Dieu de la Boue, une monstruosité souterraine massive transformant n’importe qui en une enveloppe de mort-vivant sous contrôle mental. Leon a un plan pour corriger le problème qu’il a créé.
Left 4 Carpenter
Si la peur de retrouver une copie de Left 4 Dead est compréhensible au début, elle ne risque pas de s’évaporer par la suite. Le jeu s’en inspire clairement, tout comme World War Z l’avait fait avant lui. Les développeurs continuent sur leur lancée, mais est-ce vraiment une mauvaise chose ? Tout dépendra de ce que le joueur recherche. La variété des missions permet déjà d’éviter le piège de la redondance, un point crucial pour le genre. De plus, le système de personnalisation des armes et des classes offre un réel sentiment de progression au fil des sorties. C’est là qu’on ressent tout le savoir-faire acquis sur le précédent jeu du studio, les ajustements de gameplay sont suffisants pour que le titre se distingue de ses prédécesseurs, sans pour autant réinventer la roue.
On sent que Toxic Commando a préféré miser sur son efficacité immédiate pour donner envie de s’y investir. S’il reste classique dans sa structure, il permet de passer un excellent moment, à condition d’être en bonne compagnie. Car si l’option des bots existe, l’expérience est clairement taillée pour la coopération entre joueuses et joueurs. Se prendre une horde de plein fouet et paniquer en groupe sans savoir comment s’en sortir offre de sacrées tranches de rigolade. C’est précisément là que Toxic Commando tire son épingle du jeu : il réussit à nous en mettre plein les mirettes avec un moteur propriétaire qui fait des merveilles. Les vagues de zombies sont impressionnantes et suffisent à nous faire sentir instantanément submergés.
L’originalité de côté
Le scénario, lui, ne sera évidemment pas là pour immerger les joueurs, tant nous sommes en compagnie d’une bande de personnages aussi génériques que l’intrigue. La « touche Carpenter » semble finalement plus là pour apposer un nom sur l’affiche que pour nous imprégner d’un univers, contrairement aux promesses initiales. Est-ce un problème pour autant ? Pas totalement, mais il est dommage de ne pas avoir trouvé ce juste milieu capable d’allier un bon script de série B à un gameplay fun. Ici, même si certaines répliques peuvent faire sourire, on finit parfois par occulter les dialogues tant les blagues tombent à plat, frôlant la ringardise d’un temps révolu…
Entremêlée dans tout ce beau bazar, on retrouve une bande-son de haute volée qui accompagne parfaitement nos aventures. Entre synthwave et hard rock, la musique ne laisse pas indifférent car elle tombe toujours au bon moment. On sent que le studio s’est inspiré de ses expériences passées tout en piochant de bonnes idées ailleurs, ce qui donne un titre très soigné malgré son côté parfois générique. L’utilisation de véhicules pour explorer une carte semi-ouverte est, par exemple, une excellente surprise. Ces mécaniques permettent de rafraîchir l’intérêt et de briser la routine habituelle des jeux du genre.
Malgré tout, certains démons subsistent. Le titre ne révolutionne rien et le petit prix du jeu témoigne de quelques économies budgétaires : si les décors changent, les tâches demandées, elles, finissent souvent par se ressembler. Le vrai point noir reste cependant la durée de vie : les 9 missions se parcourent très vite. À moins d’être prêt à les refaire en boucle pour améliorer ses armes ou fouiller chaque recoin des cartes, rien ne poussera vraiment le joueur à y revenir une fois le générique passé.
Toxic Commando s’avère bien plus intéressant qu’il n’y paraît au premier coup d’œil. S’il est loin de révolutionner le genre, il s’impose comme un défouloir idéal pour qui cherche une expérience coopérative solide. Son prix abordable et son aspect spectaculaire en font un excellent candidat pour quelques soirées survitaminées. Dans un marché où le JcJ et le solo règnent souvent en maîtres, retrouver un titre coop de cette trempe est un plaisir qu’on ne boude pas, à condition d’accepter son manque flagrant d’originalité.


