Malgré les réussites critiques indéniables de l’hybride Sunderfolk, qui avait su séduire par son mélange audacieux de jeu de plateau et d’interactivité mobile, le studio Secret Door semble aujourd’hui contraint de manœuvrer pour renflouer les caisses. On retrouve ainsi des visages familiers, l’Ours Berzerker, la Salamandre Pyromancienne et la Chèvre Ranger, dans ce qui pourrait, à première vue, ressembler à une simple extension ou une mise à jour généreuse du titre susnommé. Il n’en est pourtant rien. Nous parlons ici du prochain projet autonome du studio: Shadowstone.
Recycle, Adapt, Overcome
Shadowstone s’apparente à ce que l’on pourrait appeler le Rogue Core de Secret Door. À l’image de ce que d’autres studios ont pu tenter pour rentabiliser des moteurs de jeu coûteux, il s’agit de l’itération rogue-like d’un univers préexistant. Ici, les assets graphiques et les mécaniques clés sont recyclés dans un nouveau titre, proposé contre quelques deniers supplémentaires aux fans de la première heure.
Au programme de cette nouvelle mouture, les joueurs pourront découvrir La Sorcière: Un nouveau personnage jouable apportant une dimension magique inédite, une progression non-linéaire sous la forme d’une carte à embranchements que le groupe doit parcourir, imposant des choix stratégiques constants. Enfin, le cycle du Rogue-like: diverses améliorations et synergies à glaner au fur et à mesure de la « run », assurant une rejouabilité que le format narratif de Sunderfolk ne permettait pas toujours.
Cette annonce n’arrive pas seule. Elle a été précédée, il y a quelques jours à peine, par le déploiement de la mise à jour 2.0 pour Sunderfolk. Ce patch marque un tournant pour le titre en ouvrant enfin le format clavier-souris. Jusqu’ici, le jeu imposait l’utilisation d’un support mobile comme contrôleur, une barrière à l’entrée qui avait fini par lasser une partie de la communauté PC. En plus de cette refonte ergonomique, le studio a injecté un nouveau personnage et des missions inédites.
On pourrait y voir une tentative désespérée, une sorte de râle d’agonie destiné à relancer l’intérêt pour la licence avant que Shadowstone ne prenne le relais. En dissociant l’expérience coopérative longue durée de la nouvelle mouture plus directe, Secret Door tente un grand écart périlleux.
Reste à savoir si le recyclage des assets de Sunderfolk suffira à convaincre les joueurs de repasser à la caisse, ou si cette stratégie de la seconde vie n’est que le prélude à une restructuration plus profonde du studio. L’avenir de cet univers coloré se joue maintenant, entre optimisation budgétaire et fidélisation d’une base de joueurs de plus en plus exigeante.
On espère que cette itération permette au studio de garder la tête hors de l’eau, surtout que Sunderfolk était une prise plutôt appréciable de l’univers du jeu de plateau en jeu vidéo.

Test Sunderfolk – Une fenêtre vers le futur du jeu de société
Sreex

Stardew Valley joue cartes sur table avec son jeu de plateau
City

Dreamhaven, l’histoire d’un nouvel éditeur et de ses gros sabots
Sreex