Il fallait s’en douter : après la maison-mère Nacon, le média Origami révèle que les principaux studios lui appartenant sont également en situation de cessation de paiement, et placés, comme Nacon, en redressement judiciaire. On parle de Cyanide, Spiders et Kilotonn.
Kilotonn est connu pour ses jeux de rallye sous licence officielle WRC, et a developpé un moteur maison propre aux jeux de courses. Cyanide vient tout juste de sortir Styx: Blades of Greed, et est également le studio à qui l’on doit les jeux Tour de France ou Blood Bowl III. Spiders, quant à lui, a signé le – à notre avis – trop sous-estimé Steelrising, et vient de sortir GreedFall : The Dying World.
Des studios importants dans le secteur du jeu AA, donc, et même des studios majeurs du point de vue de la production française.
La situation dans laquelle se trouve désormais les studios implique que les salaire ne sont plus versés, et les factures restent impayées (le « cessation de paiement »), et cette situation déclenche de redressement judiciaire : une procédure légale en forme de dernière chance visant à explorer les dernières pistes pour sauvegarder les entreprises et leurs activités.
Et maintenant ?
Concrètement, les créances sont gelées (les factures ne peuvent pour le moment plus être exigées), les salaires peuvent être payés par l’AGS (Association pour la Gestion du régime de Garantie des créances des Salariés, financée par les cotisations patronales – les fameuses « charges » dont on nous rebat les oreilles à longueur de journée, mais qui s’avèrent bien utiles dans ce genre de situation !) et l’on étudie les pistes pour remettre les entreprises à flot. Trois issues sont possibles.
- Un plan de continuation, si le tribunal estime que l’activité est viable. On établit un plan de remboursement des dettes et l’activité est maintenue. C’est la meilleure conclusion possible.
- La cession : un repreneur reprend totalement ou partiellement l’activité et les salariés. On y est habitué dans l’industrie du jeu vidéo, où les acquisitions de studios sont monnaie courante, mais ne conduisent que rarement à une issue favorable à moyen/ long terme.
- La liquidation judiciaire : si le redressement de la société s’avère impossible (dettes trop lourdes, activité pas assez rémunératrice…), les actifs sont vendus, les salariés licenciés, et l’entreprise purement et simplement fermée. On parle ici de 320 salariés quand même…
On imagine que les résultats de Styx: Blades of Greed ou GreedFall II doivent être a minima décevants pour que le redressement judiciaire soit décidé si proche de leur parution. GreedFall II, notamment, est d’ailleurs sorti dans un silence surprenant, comme si le studio lui-même n’avait qu’une confiance modérée en son jeu. Il est à noter que si la majorité des commentaires sur Steam attribuent une évaluation « moyenne » au titre, ce sont essentiellement des commentaires qui évaluent une version early access, largement corrigée depuis. Et les commentaires récents sont, eux, « plutôt positifs ».
Peut-être que le meilleur moyen de soutenir Nacon et ses filiales telles que Spiders est de jouer à leurs jeux, et d’en parler ?

Nacon, lâché par ses banques, risque désormais la faillite
n1co_m

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