Vous en reprendriez bien un verre, non ? Alors que l’IA générative se fait, contre l’avis général, une place certaine dans l’industrie, c’est au tour de Koei Tecmo de s’illustrer dans le domaine : le studio a annoncé collaborer avec la société SpiralAI, spécialisée dans le développement d’IA génératives pouvant se mettre dans la peau d’un personnage fictif.
C’est avec l’aide du modèle le plus récent de SpiralAI, Geppetto2, que Koei Tecmo prévoirait de donner vie à ses personnages. Alors, pour l’instant, ce sont surtout des promesses, bien sûr accompagnées d’investissements financiers, cependant, à terme, on pourrait bien voir ce modèle d’IA s’installer durablement dans les stratégies de Koei Tecmo pour l’exportation de ses licences, puisque les communicants de Koei Tecmo expliquent que l’objectif principal sera de « diffuser les licences japonaises à travers le monde de manière sûre. »
Plus encore, le président de Koei Tecmo, Hisashi Koinuma, voit déjà la possibilité de mettre en place des applications dédiées pour permettre aux utilisateurs d’interagir avec des personnages issus des licences du studio. Pour l’instant, rien de clair sur l’intégration potentielle de ce modèle au sein des jeux eux-même.
Une IA pensée pour jouer la comédie
Le modèle Geppetto2 est un modèle fondamentalement pensé pour l’industrie du divertissement, sensé se comporter comme un acteur. Il doit être capable de se fondre dans le personnage qui lui sera assigné et offrir à l’utilisateur des conversations donnant l’impression d’être réellement en train de parler au personnage de fiction. Cela signifie non seulement pouvoir copier la manière de s’exprimer du personnage, mais également ses connaissances, sa vision du monde, sa mentalité…
Afin d’atteindre ce résultat, SpiralAI utilise un processus « d’apprentissage profond des traits fondamentaux du personnage », qui permet à l’IA d’avoir une base de données suffisamment large pour que l’IA puisse respecter les limites du personnage. Dans le même temps, Geppetto2 est évolutif, c’est-à-dire que c’est un modèle qui prendra en compte les différentes interactions que l’utilisateur aura eu avec l’IA par le passé, créant ainsi l’idée d’une vraie relation qui évoluerait et deviendrait plus complexe à travers le temps.
Voilà déjà plusieurs années que SpiralAI développe ce modèle, et cherchait à l’implémenter dans l’industrie du divertissement, notamment à travers le jeu vidéo. C’est avec l’application de conversation Happy Rat que l’entreprise s’est fait connaître, et a fait entrevoir les capacités de son modèle IA, notamment à travers sa collaboration avec le personnage Soyogi, créé par le comédien de doublage japonais Yuki Kaji (connu pour des rôles tels qu’Eren Jeager ou Shoto Todoroki).
On peut s’attendre cette fois-ci à un déploiement plus ambitieux du modèle, d’autant qu’en 2026, l’idée de faire fonctionner un personnage par IA n’est plus tant nouvelle que cela en ligne.
C’est en 2022 qu’est sorti le premier modèle du genre, avec Character.ai, développé par des anciens de Google Lamda. L’utilisateur peut créer son interlocuteur, en signalant à l’IA les différents traits de personnalité ainsi que l’histoire du personnage. Par la suite, les utilisateurs peuvent rendre public leur personnage, permettant ainsi à qui que ce soit d’y accéder.
Toutefois, avec une modération qui est largement à revoir, Character.ai est devenu le champ libre à la création de n’importe quel personnage, laissant dans la nature, sur un logiciel d’IA très utilisé par la jeunesse, des modèle recréant la personnalité de personnages tirés de licences populaires. Ainsi, si, comme toujours, nous restons toujours dubitatif sur l’utilisation de l’IA, il est clair qu’il y a un marché, et que les ayants-droits devront soit s’y insérer, soit sérieusement modérer les modèles existants.
C’est un enjeu d’autant plus important que ces modèles de chatbots ne sont pas anodins, puisqu’ils sont suffisamment réalistes et crédibles pour que des chercheurs à travers le monde s’emploient à étudier comment ces modèles peuvent affecter la psyché de leurs utilisateurs, notamment à travers les risques de psychose. En s’associant avec SpiralAI et préparant un modèle qui sera propre au studio, Koei Tecmo pourrait couper l’herbe sous le pied aux modèles sur lesquels le studio n’a peu ou pas de contrôle, et, de cette manière, en un sens, choisir le moindre mal…

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