Hinterland décide de licencier dix de ses employés temps plein. Voilà. Le studio est, pour rappel, derrière le jeu The Long Dark. Un titre plutôt sympathique mais peu rentable. Il y a donc derrière ce choix des problèmes économiques qui poussent le studio à prendre cette décision, en plus de repousser la suite du titre mentionné précédemment. Le CEO Raphael van Lierop l’a lui-même énoncé dans un post sur LinkedIn :
« Hinterland n’est pas imperméable à l’état tumultueux de l’industrie du jeu vidéo […] Repousser le jeu pour un post-2026 signifie qu’il faut largement augmenter la note de frais finale […] Chacun de ces individus est une personne géniale et un super développeur. Hinterland est un studio plus faible en perdant ces gens, et ils nous manqueront sincèrement. »
Très bien, merci pour ce superbe discours plein d’empathie et d’innovation, mais après ?
Doit-on espérer que ces gens réussissent à trouver du travail ? Après quatre papiers sur des renvois en l’espace d’une semaine, permettez-nous d’en douter. Tous les développeurs ayant été évincés de leur structure sont désormais noyés dans la masse titanesque de « personnes géniales » tandis que les places, elles, ne cessent de disparaître.
Sont disponibles 799 postes en 2025, selon l’AFJV (l’Agence Française pour le Jeu Vidéo), soit une chute de 71% entre 2022 et 2025. Avec plus de 46% des entreprises situées en Île-de-France. À titre de comparaison, si Hinterland n’a licencié « que » dix personnes, Ubisoft en a remercié plus de cinquante chez Massive et Ubisoft Stockholm, et ne parlons pas d’Intrepid Studio qui lâche plus de deux cents personnes dans la nature.
Ajoutons à cela les quelques centaines voire millier de juniors injustement balancés dans un milieu incapable d’absorber ses propres employés renvoyés et on obtient un superbe jus de déprime délicieux.
Toujours la même rengaine, toujours la même histoire…
Normalement, en bons journalistes, on parlerait ici des raisons de tout ce foutoir, mais le fait est que les raisons sont déjà plus ou moins connues de tous. Crise économique et de l’emploi de manière générale, les retombées du Covid (encore !) et la fameuse « intelligence artificielle ».
Souvenez-vous, on parlait en début d’année de la crise de la Ram induite par la modification des lignes de production en faveur de ces chers compagnons embarqués dans nos téléphones, appli de discussion… même Paint a son assistant IA !
Souvenez-vous également de Genie, ce modèle d’IA capable de reproduire des jeux déjà existant en retirant le Level Design, les ennemis et les images par seconde tout en détruisant petit à petit la planète.
Project Genie is an an experimental research prototype that Google gave @jaypeters.net access to this week, though he may not be using it in exactly the way Google intended.Here's Jay's version of something like Super Mario 64:www.theverge.com/news/869726/…
Ce fameux modèle qui fait immédiatement tomber en bourse des acteurs majeurs du jeu vidéo (Unity, Take Two, etc…) permettant du même coup d’observer le peu de connaissance des investisseurs du milieu dans lequel ils placent leur argent.
L’intelligence artificielle fait certainement partie des plus grosses révolutions de l’humanité, au moins en partie, elle supprime des emplois au profit d’un résultat bancal et réduit en poussière certains pans de la planète. Certains préfèrent irrémédiablement cracher sur l’IA, d’autre décident de s’y jeter à corps perdu, en témoigne l’appel à projets du CNC :
« Ces programmes portés par des résidences auront, en outre, vocation à promouvoir des pratiques responsables et vertueuses de l’IA cohérentes avec la démarche globale du CNC. »
En témoignent également les postes proposés par Ubisoft (qui, on le rappelle, est en pleine crise sociale), qui se met à chercher des Prompt Specialists…
Peut-on seulement y faire quelque chose ? On peut lever la voix face aux injustices et tenter de créer des entreprises plus responsables qui aideront le secteur du jeu vidéo dans sa globalité, mais ce serait également se noyer dans un torrent de jeux sans forcément réussir à trouver sa place. Nous écrivions il y a à peine plus d’un mois : « Pour le meilleur ou pour le pire, nous vivons un potentiel tournant majeur de l’histoire du jeu vidéo. Accrochez-vous, car l’année 2026 ne fait que commencer. »
Nous apportons également tout notre soutien aux développeurs d’Hinterland (renvoyés ou non…).

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