Fermetures de studios, licenciements d’équipes, coupes budgétaires, replacement des salariés par l’intelligence artificielle… On est habitués à lire quasi-quotidiennement des articles sur une industrie du jeu vidéo en crise. Quand on a commencé à découvrir dans la presse spécialisée que le studio Gunzilla Games (derrière Off the Grid, un jeu basé sur le web3 et les NFTs) n’aurait pas payé ses employés depuis plusieurs mois, on était donc révoltés, mais pas forcément étonnés. Après quelques jours d’indignation sur les réseaux, le PDG Vlad Korolev s’est exprimé sur X pour donner sa version des faits, et le tableau d’ensemble semble plus complexe que prévu.
Des artistes laissés pour compte
C’est sur LinkedIn que l’affaire a commencé. Paul Creamer, un animateur qui avait rejoint Gunzilla Games en 2025, a publié un témoignage dans lequel il dit ne pas avoir été payé depuis octobre :
« J’ai bêtement continué à travailler pendant trois mois jusqu’à décembre. Le PDG nous a promis de régulariser les factures rapidement. Aujourd’hui l’entreprise ne répond plus à nos appels. Je sais que je ne récupérerai pas mon argent et que Gunzilla Games s’en tirera sans conséquences. On continuera à profiter des artistes et à exploiter notre passion. L’industrie doit se rendre compte que ces pratiques continueront d’exister à moins de s’organiser contre les dirigeants prédateurs qui veulent uniquement se faire de l’argent pendant qu’on rampe dans la boue. »
Un post LinkedIn supprimé depuis pour « violation des règles ». D’autres publications dénonçant Gunzilla Games auraient elles aussi été modérées. Les employés en colère affirment que c’est le studio lui-même qui serait à l’origine d’une censure. Et depuis, d’autres travailleurs de l’industrie ont eux aussi dit être en litige contre le studio et attendre leur salaire depuis août dernier.
Défense offensive du PDG
Comme souvent dans ce type d’affaires, la parole indignée circule vite, et la volonté supposée de Gunzilla Games de cacher la poussière sous le tapis ne fait qu’amplifier l’effet Streisand. La réponse de Vlad Korolev face à la polémique n’arrange rien…
Sur X, il a reconnu que le studio avait des retards de paiement, mais justifie sa gestion financière par des versements planifiés en fonction du cash-flow. Selon lui, c’est une pratique normale dans le monde de la crypto, mais il s’excuse malgré tout. Il insiste également sur la distinction entre les employés permanents, qui ne seraient pas affectés par ces retards, et les prestataires externes, qui eux, sont concernés.
While people who have never played OTG and have never built a business sit and spread FUD to farm a few views — targeting the biggest web3 game ever created, a game that represents not only itself but the entire web3 gaming industry in front of traditional gaming — we will keep…
— Vlad Korolev (@VladK133) April 9, 2026
Reste que cette défense s’accompagne d’un ton offensif, visant ceux qu’il qualifie de « haters », et d’une bonne couche d’autocongratulation sur le succès de Off The Grid (qui accueillerait 3000 nouveaux joueurs chaque jour, rien que ça !). La communication de Korolev risque bien d’alimenter la controverse plutôt que de l’apaiser, comme en témoignent les réactions sous son tweet.
À ce stade, il est encore difficile de démêler toute cette histoire. Un studio avec une coloration NFT comme Gunzilla Games, dans une industrie en crise, est une cible toute trouvée pour les accusations de malveillance et d’arnaque. Mais même si, comme l’affirme Korolev, seuls les prestataires indépendants seraient concernés par les retards de paiement, il n’empêche que la pratique est au mieux très discutable. On imagine qu’on n’a pas fini d’entendre parler du conflit entre ce studio et ses collaborateurs.

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