Ça y est, toute l’industrie du jeu vidéo se prépare à encaisser de plein fouet la vague GTA VI. L’annonce précipitée d’une date de sortie anticipée du Wolverine d’Insomniac pourrait être la première d’une série plus importante de projets aux fenêtres de commercialisation incertaines. Les calculs voudraient que GTA VI sorte à la mi-novembre pour s’assurer un chiffre de vente maximal. D’ici là, rien de mieux pour patienter que de jouer à quelques titres qui ont expérimenté des approches différentes de la formule popularisée par Rockstar Games.
GTA : le modèle de plusieurs univers légendaires du jeu vidéo
Plusieurs jeux occidentaux s’inspireront de la formule GTA, comme la série des Saints Row. Elle aura marqué pour son ton parfois loufoque qui tranche même avec les parodies les plus exagérées de son modèle. Pour son quatrième opus, la série bifurque dans le genre du « bac à sable à super pouvoirs » ce qui le rapproche davantage d’Infamous, Prototype voire de Just Cause, des jeux moins terre-à-terre que GTA. Saints Row a fini par opérer un retour en arrière en 2022 pour son dernier opus, mais cela n’aura pas contenté les joueurs se languissant de la sortie de GTA VI.
Comme pour la série de Rockstar, les GTA-likes s’inspirent énormément d’univers cinématographiques liés à la criminalité (mafia, gang, cambriolage…) comme Le Parrain ou les films de Scorsese. La série des Mafia va à fond dans ce sens. Avec la Mafia: Trilogy, 2K nous a donné accès au remake du premier épisode placé dans les années 1930, ainsi qu’aux remastereds du second et du troisème jeu qui se déroulent respectivement entre les années 1940 et 1950 et à la fin des années 1960. Le travail sur la modernisation des graphismes et du gameplay du premier Mafia stupéfait encore aujourd’hui. Et même si beaucoup lui préfèrent le scénario du deuxième, on ne peut que recommander de donner sa chance à toute la série dont le dernier en date, Mafia: The Old Country.
Ainsi, dans la même lignée, Sleeping Dogs (originellement le troisième opus de la série des True Crime) est un hommage aux films hong-kongais des années 1980-90 avec un gameplay davantage tourné vers le combat au corps à corps plutôt que les armes à feu. Red Dead Redemption trouve plus son inspiration dans les classiques du western (Sergio Leone, John Ford…) et déplace les contraintes de locomotion et les crimes à l’époque du Far West dans un paysage moins urbanisé qui est pourtant l’adage du genre.
Un univers à l’opposé de Watch Dogs dont tout le principe repose littéralement sur le contrôle des infrastructures de la ville grâce au hacking. Si le premier n’a pas tenu toutes ses nombreuses promesses, sa suite a connu le succès grâce à une liberté urbaine importante, des interactions nombreuses et une rafraichissante sensation de contrôle sur l’environnement.
Des précurseurs et des anomalies qui renforcent notre fascination pour le GTA-like
Les plus pointilleux auraient tendance à dire que le « GTA-like » ne date pas d’hier. Et ils auraient en partie raison. Turbo Esprit sur Amstrad (1986) permettait de prendre le contrôle du modèle de chez Lotus pour se balader librement dans une ville possédant un trafic routier. Le travail des sprites était très minutieux mais la réel 3D de Vette! sur MS-DOS (1989) pousse le réalisme un cran au-dessus.
Mais le propre du GTA-like est d’avoir le choix d’évoluer à pied et en véhicule. En incarnant le T-800 dans Terminator sur MS-DOS (1991), le gameplay s’oriente un peu plus vers le GTA-like : la possibilité de monter en voiture, d’utiliser le fusil, de se déplacer dans une ville qui possède des passants et même des boutiques pour faire le plein de munitions. Cependant, l’utilisation du point de vue à la première personne l’écarte un peu du genre. On pourrait donc lui préférer Hunter sur Amiga (1991) où, largué sur un archipel, le joueur peut prendre possession de tanks, camions, jeeps et autres véhicules dans un univers non urbain certes, mais entièrement en 3D temps réel.
La fin des années 1990 coïncide avec la sortie de jeux qui finiront de poser les derniers éléments manquant pour faire naître le GTA-like. Urban Chaos sur PS1 (1999) utilise le système de visée de Ocarina of Time pour les armes à feu mais aussi Nomad Soul sur Dreamcast (1999) où la ville à explorer est entièrement ouverte et n’est pas limitée par des niveaux délimitant la zone de jeu.
Enfin, il y a Shenmu sur Dreamcast (1999) qui malgré de faibles ventes a influencé le medium vidéoludique tout entier : le cycle jour/nuit qui détermine la disponibilité des PNJ et qui ont leur propre routine ; les mini-jeux à la disposition du joueur pour patienter entre les missions ainsi que la mise en scène des cinématiques qui s’inspire du 7e art. Ces jeux se concentraient sur l’expérience pédestre ponctuée, pour certains, de passages cloisonnés à bord d’un véhicule.
Et c’est bien GTA III (2001) qui marqua les esprits pour son gameplay dans un monde ouvert, pouvant être parcouru à pied ou en voiture, dans un environnement urbain doté de nombreux PNJ et avec la possibilité de manier tout un arsenal d’armes bien utile pour titiller les forces de l’ordre. La fièvre du GTA-like avait alors frappé l’industrie qui ne tarda pas à nous permettre de contrôler les Simpson (The Simpsons: Hit & run), Vin Diesel (The Wheelman), Tony Montana (Scarface: The world is yours), un adolescent (Bully) ou même un Londonien (The Getaway).
Par ailleurs, il est étonnant de voir qu’après avoir influencé l’occident avec Shenmu, c’est sans doute GTA qui influença en retour les japonais concernant No More Heroes ou même Final Fantasy XV.
Après les nombreuses pérégrinations du genre, on peut se demander si GTA VI pourra suffisamment renouveler sa formule. D’un côté, on subit des missions qui consistent essentiellement à des allers-retours ponctués de dialogues. D’un autre côté, ces jeux forment une base que les joueurs s’amusent à détourner selon leurs envies (bac à sable, RP, court-métrage…) depuis plus de 20 ans. Le prochain jeu de Rockstar aura au moins l’attention bien trop rare pour un GTA-like de nous faire incarner une femme, possibilité présente dans seulement deux jeux cités dans cet article (Urban Chaos et Watchdogs: Legion)…

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