Quelques mois seulement après avoir dévoilé le début d’un plan visant à consolider ses acquis et à sécuriser ses licences phares avec la création de Vantage Studios, Ubisoft n’est pas encore totalement sorti d’affaire. Aujourd’hui, c’est la branche canadienne d’Halifax qui en subit les conséquences avec l’annonce d’une fermeture pure et simple du studio. Cette annonce survient quelques jours seulement après la syndicalisation de 60 employés du studio, et cette décision de fermeture est loin d’être anodine.
Le destin funeste d’un développeur modeste
Avant sa fermeture précipitée, Ubisoft Halifax était spécialisé dans le soutien au développement des titres mobiles d’Ubisoft comme Assassin’s Creed Rebellion et Rainbow Six Mobile. Mais depuis quelques temps, Assassin’s Creed Rebellion n’attire plus autant de joueurs qu’à son lancement (2018) et les seules mises à jour le concernant visaient à ajouter les personnages de Naoe et Yasuke à l’occasion de la sortie d’Assassin’s Creed Shadows. Les revenus engrangés grâce aux microtransactions se faisant de plus en plus rares, il ne serait pas étonnant de voir Ubisoft abandonner purement et simplement le jeu en fermant son accès dans les mois qui vont suivre.
Pour ce qui est du cas Rainbow Six Mobile, le FPS compétitif a déjà eu le droit à un soft launch au cours de l’année 2025, son véritable lancement étant prévu pour le mois de février 2026 nous voyons mal Ubisoft abandonner le projet sachant que la licence est intégrée au trio composant le Vantage Studio avec Far Cry et Assassin’s Creed. Rebellion ayant déjà eu sa chance, c’est au tour des Rainbow de récupérer les parts de marché du côté du jeu mobile.
Qui héritera donc du suivi et du développement des jeux mobiles d’Ubisoft ? Aucune déclaration n’a été faite de ce côté-là et espérons que cela n’entache en rien le développement de futurs titres comme The Division Resurgence développé par Massive Entertainment qui a déjà subi une vague de licenciement l’année dernière.
Une réponse nébuleuse pour échapper aux critiques ?
Avec cette annonce de fermeture, une question subsiste : les dirigeants d’Ubisoft ont-ils pris cette décision suite à la syndicalisation des employés d’Ubisoft Halifax ?
L’une des plus importantes unions syndicales canadiennes, la CWA, s’est déjà emparée de l’affaire et compte bien faire la lumière sur les réelles motivations d’Ubisoft. La présidente de la CWA Carmel Smyth pointe du doigt l’étrange coïncidence des dates. En effet, la décision de fermeture d’Ubisoft Halifax intervient 3 jours seulement après l’annonce de la formation du premier syndicat d’Ubisoft en Amérique du Nord. Smyth souligne la gravité des faits si Ubisoft s’était enfin de compte servi de ce prétexte pour procéder à la fermeture du studio :
« Au Canada, il est illégal pour une entreprise de fermer parce que ses employés décident de se syndiquer […] Nous attendons d’Ubisoft qu’il nous prouve que cela n’a rien à voir avec l’adhésion des employés à un syndicat. »
De son côté, le studio mère s’est contenté de mettre en avant les motifs habituels pouvant pousser une entreprise à fermer l’une de ses nombreuses succursales. Ici les motifs financiers et stratégiques semblent être les uniques arguments ayant menés au renvoi des 71 employés d’Ubisoft Halifax et à la fermeture du studio :
« Au cours des 24 derniers mois, Ubisoft a pris des mesures à l’échelle de l’entreprise pour rationnaliser ses opérations, améliorer son efficacité et réduire ses coûts. Dans ce cadre, Ubisoft a pris la décision difficile de fermer son studio d’Halifax. 71 postes seront concernés. Nous nous engageons à soutenir tous les membres de l’équipe touchés par cette transition en leur offrant des ressources, parmi lesquelles des indemnités de départ complètes et une aide supplémentaire à la recherche d’emploi. »
La décision aurait donc été prise depuis un moment déjà, et cette annonce ne serait qu’un simple concours de circonstance et de hasard du calendrier. Mais avec l’arrivée récente de Tencent dans l’équation Ubisoft, Yves Guillemot ne souhaiterait il pas se débarrasser des éléments perturbateurs ? Cette affaire n’est pas sans rappeler le cas Rockstar Games, lui aussi soupçonné d’avoir procédé au licenciement de certains membres du personnel s’étant syndiqués. Espérons que le développeur et éditeur français ne se soit pas lancé dans une chasse aux sorcières qui ne lui sera en aucun cas bénéfique.

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