Annoncé en novembre 2025, Ratchet & Clank : Ranger Rumble n’a pas fait beaucoup de bruit. Les fans qui espéraient un épisode principal ont vite oublié l’existence du titre et malgré l’appréciation du personnage, Ratchet est loin d’être aussi « iconique » que le laisse entrevoir la description du jeu. Le titre n’avait donc que peu de chances de marquer les esprits au-delà de sa base de fans. Oh BiBi, studio parisien rompu à l’exercice du jeu mobile, s’est associé à Sony et Insomniac Games pour donner vie au projet.
Après un déploiement progressif à l’international, la France a enfin accueilli le titre ce 10 mars. Passé l’effet de curiosité, reste à savoir si le titre se montre digne de la licence ou s’il n’est qu’un free-to-play de plus à oublier sitôt installé.
(Test de Ratchet & Clank : Ranger Rumble réalisé sur iPad à partir d’une version commerciale)
La boutique des miracles
Comme tout jeu mobile du genre, un long tutoriel accompagne le joueur pour lui faire découvrir les différentes mécaniques du titre. Les habitués du genre ne seront pas perdus. Le titre retranscrit bien son univers, avec l’humour bien connu de la saga, mais la dure réalité du free-to-play s’impose rapidement : dès la fin du tutoriel, les nombreux achats disponibles sautent aux yeux.
Passe de combat, boutique, monnaie en jeu pour améliorer ses armes : l’intention commerciale du titre est limpide. Le premier mode disponible consiste à ramasser un maximum de boulons sur une carte, en éliminant adversaires, caisses et robots pour en récolter le plus possible.
Rien de bien compliqué jusqu’ici. Le titre est même assez simple à prendre en main, et si l’aspect compétitif peut laisser sur sa faim, Ratchet & Clank : Ranger Rumble réussit tout de même à proposer quelques parties endiablées. Il est facile de retourner la situation en volant les boulons dûment récoltés par un adversaire, ce qui instaure une tension supplémentaire, si celle-ci n’était pas ensuite régie par les achats en jeu.
Là où les jeux déjà installés dans le genre parviennent à contenter tous les profils de joueurs, Ranger Rumble semble davantage calibré pour un public jeune et peu exigeant. Le titre s’en sort tout de même plutôt bien sur ses mécaniques et offre quelques moments de plaisir en début de progression, mais difficile de s’y investir pleinement tant l’équilibrage laisse à désirer. Le modèle économique en est la première illustration : améliorer ses armes ou son personnage pour infliger plus de dégâts peut passer par la case paiement, ce qui crée un déséquilibre entre les joueurs ayant mis la main au portefeuille et les autres.
Le titre souffre par ailleurs d’un aspect inachevé. La musique tourne en boucle au point de pousser à couper le son, les voix des personnages sont absentes et les effets sonores se limitent aux armes. L’idée de base aurait pu être amusante, mais une exécution aussi sommaire ne manquera pas de décourager aussi bien les fans de la licence que les curieux qui s’y aventurent.
Le sens des priorités
Les autres modes de jeu obligent à un constat similaire. Le second est juste un match à mort classique sans intérêt particulier. Le titre sait se montrer divertissant dans ses premiers instants, mais la boucle de gameplay lasse rapidement. Avec seulement trois modes, l’ensemble ne décolle jamais et installe un sentiment de lassitude tenace. Le contenu ne suit pas, et tout le reste perd de son intérêt. Le manque de finition en fait un titre voué à l’oubli après quelques parties.
Mention spéciale pour le dernier mode, qui s’inspire très fortement de Rocket League. L’expérience est amusante un temps, mais la maniabilité sur écran tactile se révèle infernale. Ironie du sort, Psyonix avait anticipé le tir (sans mauvais jeu de mots), en proposant une version mobile en 2D pour pallier ce manque de jouabilité.
Ratchet & Clank: Ranger Rumble ne fait que confirmer ce que son annonce laissait craindre : un free-to-play au manque d’intérêt flagrant. Choisir une licence pas si connue du grand public, malgré son appréciation auprès des fans, était déjà un pari risqué. Enrober le tout d’un gameplay peu inspiré et de microtransactions à foison a enfoncé le dernier clou dans un cercueil déjà présent depuis son annonce. Le titre restera dans l’oubli et n’apportera rien de plus au genre. Utiliser une licence ne suffit pas à garantir le succès d’un jeu : encore faut-il penser à son public plutôt qu’à son portefeuille.



