Presque un an jour pour jour après l’excellent Dynasty Warriors: Origins, KOEI TECMO revient avec un DLC nommé Visions of Four Heroes qui paraîtra le 22 janvier 2026 et se veut être une extension majeure et originale. En effet, ce DLC ne nous propose pas moins de quatre nouvelles campagnes indépendantes permettant de suivre les ambitions des quatre adversaires majeurs du jeu de base, mais aussi deux nouvelles armes, des batailles stratégiques, un nouvel arbre de compétences, de nouveaux compagnons d’armes et enfin, deux niveaux de maîtrise supplémentaires pour chacune des armes de base.
Sur le papier, un ajout intéressant mais malheureusement, malgré les ambitions annoncées, KOEI TECMO manque son objectif de peu en reproduisant les mêmes erreurs que dans le matériau d’origine. Explications.
Quatre histoires au traitement bien inégal
Que serait-il advenu de la Chine médiévale de l’ère Sanguó si la Sentinelle de la Paix avait rejoint l’utopiste Zhang Jiao, le tyrannique Dong Zhuo, le respectable Yuan Shao ou Lu Bu, le suprémaciste ? C’est au travers de paradoxes temporels que Dynasty Warriors: Origins Visions of Four Heroes souhaite nous narrer ces rêves ambitieux, brisés par notre héros lors des événements du jeu de base, accessibles après la fin du chapitre 2.
On démarre avec l’arc de Zhang Jiao, introduit par une cinématique remarquable qui nous replonge dans l’affrontement final des Turbans Jaunes contre la coalition. Le travail de mise en scène est indéniable, ce qui rend d’autant plus frustrant le constat qui suit : Zhang Jiao est le seul des quatre héros à bénéficier d’un tel soin. Les trois autres campagnes font pâle figure en comparaison, comme si le studio avait concentré ses efforts sur la vitrine en oubliant la boutique. On pense notamment à l’arc de Lu Bu, qui possède une conclusion intéressante mais dont le scénario se termine en moins d’une heure contre cinq pour celle de Zhang Jiao!
Dong Zhuo est une fois de plus le vilain petit canard. Et si nous n’attendions pas un scénario digne des plus grands RPG, les dialogues de son arc narratif tournent vraiment en rond à tel point qu’on a parfois l’impression d’être dans une boucle temporelle, coincés à revivre les mêmes moments durant plusieurs heures. Quant à Yuan Shao, la mission qu’il s’est imposée afin de redorer son honneur et donc le blason familial est beaucoup plus plaisante à suivre sans pour autant atteindre le niveau de la quête de rédemption de Zhang Jiao.
Une démesure ternie par de nombreux problèmes
Côté gameplay, KOEI TECMO confirme son expertise dans le domaine des beat them all. Le compteur de K.O. s’affole en quelques minutes, des milliers d’ennemis disparaissent sous nos coups, et cette sensation grisante de puissance absolue n’a rien perdu de son efficacité. Voir tous ces soldats s’envoler à cause d’une onde de choc, de tornades ou de tirs de catapultes, c’est un spectacle qui atteint un niveau de démesure surréaliste. La Sentinelle reste un plaisir à manier, les combos s’enchaînent avec une fluidité déconcertante. Si le jeu de base proposait des batailles à une échelle vertigineuse, on atteint avec Dynasty Warriors: Origins Visions of Four Heroes un palier supplémentaire.
L’arc, une des deux nouvelles armes, bénéficie d’une palette de mouvements très plaisante à exploiter, alliant tirs à distance et combat au corps à corps grâce à la présence de lames aux extrémités des branches. Ainsi, on alterne entre sauts, esquives, tirs et parades avant de revenir sur la terre ferme et d’enchaîner des combos dignes de films comme « Le secret des poignards volants ». Quant à la flèche de corde, elle fait en quelque sorte office de fouet permettant de toucher les ennemis à 360°. Malheureusement, cette arme est débloquée bien trop tard dans le DLC pour que l’on puisse en profiter pleinement. Si le jeu offre une certaine rejouabilité, surtout pour ceux qui souhaitent tout maximiser, il nous paraît très peu pertinent de débloquer une arme lors de l’avant-dernière bataille.
Ce qui nous amène à évoquer un autre problème majeur de Dynasty Warriors: Origins Visions of Four Heroes : l’équilibrage. Nous avons commencé ce DLC sur notre propre sauvegarde, au niveau 101, en difficulté Guerrier Ultime, avec les maîtrises des armes au niveau 11 et bien améliorées. Si la difficulté est toujours présente et bien relevée, elle pose problème pour qui voudrait exploiter les nouvelles armes sans avoir à rétrograder aux niveaux inférieurs.
Les dégâts de ces nouvelles armes étant insuffisants, on passe de combats contre les officiers d’une minute ou deux à des affrontements beaucoup plus longs et fastidieux. D’autant plus que la difficulté de ce DLC s’aligne également sur votre niveau de maîtrise en plus de la celle sélectionnée. Nous vous recommandons donc de commencer en mode Héros, en attendant d’avoir eu l’opportunité de débloquer ces nouvelles armes et de les avoir améliorées en conséquence.
Le nouvel arbre de compétences nous a, lui, paru assez anecdotique finalement car il offre majoritairement de simples augmentations de statistiques et peu de nouvelles compétences actives, lesquelles sont pour la plupart liées aux ordres que l’on peut donner à notre escouade de soldats.
Lu Bu-tin et compagnie
Les nouveaux compagnons que sont Diao Chan et Zhuhe, elle aussi Sentinelle de la Paix, n’offrent pas assez de changements de gameplay pour être pertinents, contrairement à ce personnage mystère que nous vous laisserons le soin de découvrir par vous-même car il représente le seul affrontement inédit de ce DLC qui, autrement, vous oppose aux sempiternels Cao Cao, Liu Bei et consorts. Bien sûr, la répétitivité est inhérente aux Musô, néanmoins il y avait clairement matière à proposer des situations un peu plus variées et engageantes.
C’est sans doute ce qu’a essayé d’accomplir KOEI TECMO au travers des batailles stratégiques, qui remplacent l’exploration de la carte du monde par des escarmouches tactiques qui ne sont pas sans rappeler la licence Total War. Ainsi, entre deux missions, les leaders nous demanderont de commander leurs armées, représentées par quelques escouades. La victoire vous récompensera par les puissantes tactiques secrètes, à utiliser sur le champ de bataille.
De prime abord, cet ajout est très rafraîchissant mais, à l’instar du reste de ce DLC, le studio ne semble pas être allé au bout des choses et on se rend vite compte qu’il suffira simplement de cibler l’unité la plus forte pour éviter que la plus faible de notre camp se fasse décimer, puis d’enchaîner les quelques tours en reproduisant ce schéma, jusqu’aux batailles finales qui sont, pour le coup, bien conçues et dont la démesure atteint son paroxysme grâce aux bombardements et sortilèges obtenus lors de vos victoires stratégiques.
Pour finir, sachez que nous avons été confronté à un bug de sauvegarde effaçant la progression d’une des campagnes et que certains entraînements ne semblent pas fonctionner non plus.
Quel dommage que KOEI TECMO n’ait pas été au bout de ses ambitions avec Dynasty Warriors: Origins Visions of Four Heroes. S’il faut souligner les progrès accomplis par le studio et la durée de vie (entre 15h et 30h selon votre progression initiale) si l’on compare à ce qu’il faisait auparavant, on reste cependant parfois un peu circonspect face à de tels déséquilibres à quasiment tous les niveaux de ce DLC. Entre le traitement de faveur accordé au personnage de Zhang Jiao, problème pourtant déjà relevé par les joueurs au sujet du jeu de base, le déblocage bien trop tardif d’une des deux armes et le caractère très anecdotique des nouveaux compagnons et du nouvel arbre de compétences, on se demande bien ce qu’il a pu se passer.
Quant aux batailles stratégiques, on se demande si elles ne sont pas une expérimentation du studio pour éventuellement proposer quelque chose de plus abouti pour un hypothétique Dynasty Warriors: Origins Empires tant elles aussi semblent sous-développées. Ainsi, Dynasty Warriors: Origins Visions of Four Heroes n’est pas un mauvais DLC et si le système de combat proposé par Origins atteint ici sa meilleure forme, on ressort de cette expérience avec une sacrée amertume et une vision de ce qu’il aurait pu être avec un développement peut-être un peu plus long. Un beau gâchis, qui ne ternit en rien les progrès accomplis jusqu’ici et qui n’apporte rien de suffisamment pertinent non plus mais bien trop cher pour ce qu’il propose.

Dynasty Warriors 3: Complete Edition Remastered – Un joli cadeau d’anniversaire
Tortuga76ers

Test Hyrule Warriors : Les Chroniques du Sceau – Spin-off canon ?
Poulet

Test Fire Emblem Warriors: Three Hopes – Le musô de trop ?
Loriynn