Depuis Stellar Blade et son succès remarqué, le studio Shift Up prépare son avenir avec une aisance certaine. C’est du moins ce que l’on serait tenté de croire, si une déclaration émise il y a peu ne venait pas renverser un peu l’idée que l’on se fait du studio, soit celle d’une entreprise en pleine confiance et consciente de sa force. Mais, comme on le laisse entendre, c’est l’inverse qu’elle nous décrit. Et, selon la logique déroulée dans ses propos, seul un outil pourrait lui permettre de faire honneur au statut que lui a offert son titre sorti en 2024 : la fameuse et tant controversée IA.
L’IA, pièce maîtresse de Shift Up?
C’est au travers de l’édition 2026 de la conférence Economic Growth Strategy que s’est exprimé le PDG de Shift Up, Hyung-tae Kim. Une intervention (dont les points principaux ont notamment été relayés par Automaton) qui a permis de dégager les nouvelles ambitions de son studio centrées sur l’utilisation intensive (comme on le comprend) de l’IA générative. Et, au-delà d’une simple lubie personnelle, il s’agirait plutôt d’une attitude à adopter pour faire face à une concurrence de plus en plus féroce, venant entre autres de Chine et des États-Unis.
« Nous consacrons environ 150 personnes à un seul jeu, mais la Chine en mobilise entre 1 000 et 2 000. Nous n’avons pas les capacités nécessaires pour rivaliser, tant en termes de qualité que de volume de contenu. »
Un discours prononcé, sous l’égide du président du pays (Lee Jae Myung), dans une perspective économique plus générale visant à dresser une sorte de plan permettant à la Corée d’apparaître plus compétitive sur la scène internationale. Toujours est-il qu’il se pose comme un principal révélateur sur l’état même de l’industrie qui nous intéresse et des pensées qui traversent cette dernière. Car, cela apparaît comme une évidence : on assiste aujourd’hui à une révolution qui aura certaines conséquences.
Des conséquences sur la création, certes, mais également sur l’emploi. Même si Hyung-tae Kim, alléguant un besoin certain de synergie entre l’homme et la machine, se veut plutôt modéré et garantit l’existence des deux formes de forces. Seulement, il est difficile d’accorder crédit à une telle affirmation, surtout quand l’on jette un coup d’œil (aussi rapide soit-il) sur « l’état de santé » de l’industrie vidéoludique.
En effet, il suffit de voir de chambardement qu’il existe ici et là, matérialisé par des licenciements et autres types de restructuration, pour être plus ou moins fixé sur la chose : face à une volonté de faire de jeu toujours plus impressionnant et à la contrainte liée aux coûts de production, il y aura naturellement une propension à la maximisation. Et comment y arriver sans trancher (encore plus que ce qu’il se fait actuellement) dans ses effectifs ?
Faut-il donc s’inquiéter quant à une possible déshumanisation (plus accrue) dans cette industrie du jeu vidéo ? Les craintes existent, et en empruntant une logique capitaliste, on ne peut que leur donner une allure de vérité. Mais, il faudra probablement un moment avant de les voir ou non justifiées, le temps que tout le matériel en question accède à un certain degré de perfectionnement. En attendant, nul doute que l’on continuera de prendre soin de son personnel, de le choyer, en lui donnant l’illusion (par des petits gestes à la Shift Up tels des cadeaux Apple offerts à ses développeurs) d’être des rouages essentiels.

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