Google a ouvert l’accès à Project Genie, un prototype d’intelligence artificielle capable de générer des « mondes interactifs » jouables à partir d’un prompt. Présenté comme un outil de recherche encore imparfait, le projet n’a pourtant pas tardé à provoquer une réaction en chaîne, à la fois créative, juridique et financière. Beaucoup de bruit pour une belle arnaque.
Développé par Google DeepMind (filiale spécialisée dans l’IA de Google), Project Genie repose sur un modèle capable de produire en temps réel des environnements explorables, modifiables et « jouables », sans recourir aux outils traditionnels du développement.
Une ambition qui s’inscrit dans une volonté d’abaisser les barrières techniques de la création vidéoludique. Google prend cependant soin de rappeler le caractère imparfait de l’outil : rendus visuels instables, physique approximative, règles peu cohérentes et contrôle limité des personnages.
Scamland
Sur les réseaux sociaux, des utilisateurs se sont emparés du prototype pour recréer des univers et des figures issues de licences existantes, transformant ce qui relevait jusque-là du fan art statique en « espaces interactifs ». À ce stade, aucun dispositif clair de protection ou de filtrage des propriétés intellectuelles n’a été communiqué.
L’annonce a aussi provoqué une réaction immédiate sur les marchés financiers, avec une chute notable des actions de plusieurs acteurs majeurs du jeu vidéo et des plateformes de création (Unity, Take Two, etc.). Une sanction révélatrice moins d’une menace réelle que d’une profonde incompréhension du médium.
Car ces « mondes jouables » ne sont pas des jeux vidéo : ils ne proposent ni design systémique, ni progression pensée, ni intention ludique. Genie ne produit ni code, ni assets, ni sons, ni narration, ni direction artistique. Il simule le déplacement et l’interaction, sans jamais atteindre la complexité d’un gameplay construit ; autrement dit, une simple improvisation visuelle interactive.
Constatons ensemble, mesdames et messieurs, l’avenir du jeu vidéo vu par les puissants de ce monde (et à 20 fps) :
I got early access to Project Genie from @GoogleDeepMind ?
It’s unlike any realtime world model I’ve tried – you generate a scene from text or a photo, and then design the character who gets to explore it.
I tested dozens of prompts. Here are the standout features ? pic.twitter.com/I6CPJzPzIG
— Justine Moore (@venturetwins) January 29, 2026
Derrière le vernis de l’innovation, Project Genie révèle surtout la même logique prévisible : transformer la création en amalgame informe, concentrer le pouvoir entre les mains de ceux qui possèdent déjà l’infrastructure, les données et la puissance de calcul. L’IA ne libère pas les créateurs, elle les dépossède. La panique boursière ne signale pas une menace pour l’art, seulement l’incompétence et l’ignorance de ceux à qui l’argent donne trop de pouvoir.

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