Durant les années 2000, PlayStation était à son apogée créative, offrant aux possesseurs de ses machines un savant équilibre entre productions abouties dans des genres populaires (Ratchet & Clank, God of War, Gran Turismo…) et expérimentations sortant des sentiers battus. Une créativité symbolisée notamment par le regretté Japan Studio, fermé en 2021 et qui nous avait offert quelques pépites telles que Ico, Tokyo Jungle, Gravity Rush ou Loco Roco. Une indépendance créative que l’on est contraint aujourd’hui de retrouver notamment sur Kickstarter où un certain Kiroyuki Kotani, et une partie de son équipe de l’époque, a pu nous proposer un nouvel opus de Patapon qui, faute de licence, fut rebaptisé Ratatan.
Avec un objectif fixé à 20 millions de Yen (environ 120 000 euros), la campagne a permis de réunir plus de dix fois cette somme, signe que, si certains en doutaient encore, l’aspect purement ludique du jeu vidéo, dans sa plus simple expression, a encore toute sa place dans le paysage vidéoludique mondial au côté des GTA, God of War, Assassin’s Creed et autres blockbusters qui tâchent (même si, évidemment, en termes de volume de vente, il n’y a pas photo).
Ainsi, un an et demi après la fin de la campagne, Ratatan s’apprête à paraître sur consoles et PC le mois prochain même si, considérant l’absence de date précise à quelques jours de ce mois d’avril 2025, nous ne serions pas si surpris que sa sortie soit repoussée. Reste qu’en attendant que le studio créé pour l’occasion communique plus précisément sur ce point, nous avons eu la chance de pouvoir découvrir les débuts de l’aventure concoctée par Ratata Arts.
Si vous n’avez jamais entendu parlé de Patapon (dont les trois opus sortis initialement sur PSP sont disponibles sur le PlayStation Store), il s’agit d’un jeu de rythme dans lequel on incarne le dieu des Patapon, créatures aussi mignonnes que redoutables lorsqu’elles sont bien coordonnées. Et cela tombe bien puisqu’en tant que divinité, notre rôle est de les coordonner au rythme d’un tambour afin de leurs permettre de survivre puis de dominer leur environnement.
Ratatan réutilise le même concept. Chaque touche de la manette permet des jouer une « note ». Ainsi, sur une partition à trois temps, une combinaison de touches permet d’ordonner à nos troupes de réaliser diverses actions simples telles qu’attaquer, se défendre, sauter ou exécuter une attaque spéciale, le tout de manière de plus en plus efficace en nous mettant en état de « Fever » au fil de nos enchaînements réussis.
Simple en apparence, mais diablement technique lorsqu’il s’agit de gérer un bataillon adverse dont certaines unités font pleuvoir un flot de flèche à distance tout en nous envoyant des fantassins au corps à corps. Car on ne contrôle pas directement nos fidèles et, si on n’y prend pas garde, leur donner un ordre d’attaque pourrait les conduire à se jeter droit dans un piège, tels des Lemmings inconscients des dangers de leur environnement.
D’autant que les débuts sont assez compliqués. Outre le temps d’adaptation indispensable afin de retenir les différentes combinaisons de touche, la difficulté est au rendez-vous. Ratatan se reposant sur des mécaniques de Rogue-lite, l’échec est au cœur de l’expérience et à chaque partie, en récupérant diverses ressources lâchées par les ennemis défaits, on a la possibilité de renforcer nos guerriers, lesquels pourront d’ailleurs s’équiper d’armes de plus en plus puissantes que l’on aura pu dénicher au fil des parties ou même crafter auprès du marchant local.
Un système simple et efficace qui nous a permis de rapidement nous voir progresser dans l’aventure. À chaque partie, on arrive à aller un peu plus loin, on comprend mieux les synergies pouvant se former selon les troupes assignées (archers, lanciers, épéistes…) et on avance de plus en plus efficacement. On est bien sûr toujours dépendant de l’aléatoire dans nos récompenses de fin de niveau, les choix proposés ne répondant pos forcément à nos espérances, mais on continue de prendre du plaisir à progresser au rythme entêtant des pistes musicales proposées.
Reste que, dans le cadre de cette version démo, et si on adore la bande son du jeu, à force de l’entendre encore et encore, elle renforce la répétitivité globale ressentie sur cette première approche. On imagine toutefois que lors de la sortie définitive du titre, plus de variété sera proposée dès le début de jeu, avec éventuellement des embranchements vers d’autres environnements, et donc d’autres musiques à découvrir.
Il serait également sans doute bon que l’équilibrage général des niveaux soit affiné. Par exemple, sur le premier monde proposé, nous avons pu rencontrer des boss intermédiaires ou des ennemis « élites » qui, encore maintenant, sont capables de nous rouster tandis que le boss réel dudit monde est d’une simplicité enfantine, au point que nous l’avons occis sans nous faire toucher à notre première rencontre…
Aussi, nous avons trouvé que Ratatan se perd, ou du moins nous perd, avec son grand nombre de ressources à collecter. On récolte des bonbons, des donuts, des tablettes de chocolat entre autres nombreuses choses et il est parfois complique de savoir à quoi sert telle ou telle ressource. L’ensemble gagnerait à se simplifier pour être plus facilement compréhensible, quoique cela impacterait forcément l’équilibre général de l’aventure en retirant de nombreux choix dans l’aléatoire des récompenses de fin de stage… Cruel dilemme.
Au sortir de ces quelques heures de jeu, sans dire que nous avons été totalement emballés par la proposition, nous avons envie d’en voir plus et de notamment découvrir si les autres musiques du jeu seront aussi entrainantes que celles de cette démo. On ne s’attend pas à ce qu’on fasse en boucle des runs sur ce Ratatan du fait de sa répétitivité due à sa structure ludique qui boucle tout de même assez vite mais il pourrait bien être une chouette bulle de folie rafraichissante à savourer entre deux jeux très sérieux.
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