Si beaucoup diront que l’année 2025 n’a pas été très généreuse niveau jeux vidéo, on a quand même eu droit à une poignée de titres marquants : entre le carton Clair Obscur: Expedition 33, Silksong, Arc Raiders, ou même la sortie de la Switch 2, il y avait des choses fort intéressantes à se mettre sous le joystick. Malgré toutes ces nouveautés, les cinq titres les plus joués de 2025 n’ont rien de récent. C’est en tout cas ce que révèlent les chiffres de Circana (analyste spécialisé dans le domaine).
Le dirigeant Mat Piscatella explique sur son compte BluSky que l’an dernier, les joueurs PlayStation étasuniens ont majoritairement allumé leur console pour lancer Fortnite, Call of Duty, GTA V, Roblox et Minecraft. Les mêmes jeux services trustent ces cinq premières places sur Xbox (avec Call of Duty en tête). C’est exactement le classement de 2024 ! Le rapport complet sur l’engagement des joueurs sortira à la fin du mois de janvier, mais ces données nous permettent déjà quelques interprétations.
On prend les mêmes et on recommence (la partie)
Est-on réellement surpris ? Pas vraiment. Nous l’avons vu récemment, les meilleures ventes de jeux vidéo ont elles aussi un goût de réchauffé. Côté PC, si d’autres titres, comme Counter Strike ou Battlefield se glissent dans les top, on reste sur les mêmes tendances depuis plusieurs années.

On remarque facilement ce qui lie les Fortnite, Roblox et compagnies : des jeux services, souvent gratuits, qui tournent à la rétention et à l’engagement. Si on n’a pas besoin de débourser un seul centime pour profiter du jeu, on a envie d’y venir tous les jours pour ne louper aucun contenu, et pourquoi pas d’acheter un ou deux objets cosmétiques au passage.
Même pour les titres payants de ces classements, le fonctionnement en « saisons » incite à se connecter régulièrement, tout comme la composante sociale de l’expérience en ligne (malgré leurs succès en solo, c’est bien grâce à leur mode online que GTA V et Call of Duty se retrouvent encore dans le top 5 si longtemps après leurs sorties).

Mathématiquement, la présence de ces mêmes jeux chaque année s’explique. Une fois un jeu solo terminé, peu de joueurs vont retourner y passer des heures. Face à eux, ces jeux services online ont, en soi, une durée de vie infinie. Pas étonnant donc qu’ils cumulent plus de temps investi par les utilisateurs !
On peut aussi évoquer un fait qu’on oublie souvent dans notre bulle de passionnés : la majorité des joueurs et des joueuses ne prennent la manette qu’occasionnellement et ne vont pas s’intéresser aux nouveautés. Pourquoi le faire, alors que Fortnite ajoute régulièrement du contenu gratuitement ?
Le jeu-service, un modèle increvable ?
Comment détrôner ces mastodontes ? Est-il même souhaitable d’essayer ? Pour les investisseurs, le modèle a de quoi faire rêver : au lieu de produire plusieurs jeux (avec les coûts que ça implique), il suffirait de n’en réaliser qu’un seul et de profiter de la poule aux œufs d’or pendant les dix prochaines années. Ainsi, on voit de plus en plus de jeux qui cherchent à reproduire le miracle, des cargaisons de titres qui espèrent innover et se faire une place parmi les géants.
Difficile pour un nouveau de réussir à s’imposer dans un marché qui semble saturé. Difficile aussi de convaincre celles et ceux qui ont déjà des habitudes bien ancrées sur un jeu d’aller voir ailleurs. C’est pourtant le pari risqué que de nombreux studios décident de faire, et la plupart s’y brûlent les ailes. Une pensée pour Concord ou Marathon, et surtout pour les équipes envoyées au casse-pipe…
Concluons sur une note positive en évoquant la réussite d’Arc Raiders qui, en fin d’année, s’est positionné en tête des classements sur PC et semble bien parti pour y rester. Une exception dans un genre dans lequel on compte beaucoup d’appelés, mais peu d’élus. Enfin, on a aussi vu en 2025 que le jeu solo avait encore de beaux jours devant lui (Clair Obscur et son succès colossal, pour ne citer que lui) : bien sûr, le nombre d’heures passées dessus sur l’année est moindre par rapport aux jeux services à la durée de vie infinie, mais pourquoi comparer ce qui n’est, au fond, pas comparable ?

Le quasi-monopole de Steam menace les jeux indépendants
n1co_m

Les jeux services sur PlayStation, une réussite financière ?
n1co_m

Sony ferme Firewalk Studios et enterre Concord
Nérévarine