Si Bungie joue plus ou moins sa survie avec la sortie de Marathon, il n’est pas le seul studio a s’engager dans un virage compliqué dans les jours qui viennent : le français Spiders risque également très gros avec la sortie de Greedfall: The Dying World, dont on souhaite que le titre soit tout sauf prémonitoire.
Le premier Greedfall, sorti en 2019, reçu un bel accueil critique et commercial, avec plus de deux millions de copies écoulées. Ce fut le titre qui fit passer Spiders à l’échelon supérieur, après des titres comme Bound By Flame ou The Technomancer qui n’étaient pas dénués de qualités, mais encore trop engoncés dans leur statut de jeux AA, avec les limitations, notamment techniques, que cela peut entraîner.
Greedfall est arrivé avec une proposition certes très classique (trop, ont pu écrire certains), mais qui permettait à ce titre double A de venir se comparer à des jeux au budget bien plus confortable. Spiders montrait ainsi son savoir-faire, qui avait d’ailleurs convaincu Bigben Interactive (Nacon) de racheter le studio juste avant la sortie du jeu.
Le jeu suivant ne connut hélas pas la même reconnaissance. Avec Steelrising, le studio propose un Soulslike lite qui revendiquera, deux ans avant Expedition 33 sa « frenchitude » . Le jeu se passe ainsi dans une Révolution Française fantasmée où l’on trouve des robots et des androïdes. Si le jeu a ses défauts ( encore une fois symptomatiques du positionnement AA), il mérite toutefois le détour ne serait-ce que pour sa D.A. aussi originale que réussie.

Mais ce succès en demi-teinte n’était que le début des problèmes pour Spiders. À l’été 2024, une partie du studio rédige une lettre ouverte pour dénoncer les conditions de travail et le manque de dialogue avec la direction. Cette lettre débouche sur une grève les 2 et 3 septembre 2024, à un moment clé : celui du lancement de l’early access de Greedfall II (le « II » est depuis devenu « The Dying World »). Un early access qui, de plus, renvoie des avis plus que mitigés sur la nouvelle proposition du studio.
Aujourd’hui, c’est la maison-mère Bigben Intercative, dont dépend Nacon, l’éditeur de Spiders, qui connait une période troublée, avec sa mise en redressement judiciaire. Une situation financière plus que fragile qui oblige Spiders à une certaine réussite commerciale quand à Greedfall: The Dying World, l’éditeur et propriétaire du studio n’ayant plus les moyens de le soutenir financièrement en cas d’échec.
Néanmoins, tout n’est pas noir, et le « Dying » du titre signifie qu’il n’est pas encore « Dead » ! Spiders a eu le temps de travailler depuis l’early access, et annonce avoir écouté et entendu les joueurs. Ainsi, dans une interview donnée au média WCCFTech, Jehanne Rouseau et Nicolas Ducart, respectivement creative director et design director sur le jeu, ont tenté de rassurer :
« Durant l’early access, nous avons reçu énormément de retours des joueurs. Cela nous a permis d’identifier les éléments qui avaient besoin de plus de développement, d’être retravaillés, afin de correspondre aux attentes. Ces allers-retours avec les joueurs ont conduit à deux mises à jour importantes pendant l’early access, qui ont significativement amélioré l’expérience générale offerte par le jeu. Avec la sortie officielle, le jeu comprendra de nombreuses améliorations qui s’appuient sur les attentes des joueurs, en matière technique, de graphismes, ou d’équilibrage. » (traduit par la rédaction)
On espère que le travail durant l’early access aura effectivement porté ses fruits, et que Greedfall: The Dying World sera une bonne surprise. Spiders en a besoin, Nacon en a besoin, et quelque part, avec les difficultés actuelles d’Ubisoft dont on ne voit pas la sortie, le jeu vidéo français en a besoin ! Le jeu sort le 12 mars sur PC, Xbox et PS5.

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