Dans la ronde des décisions contre-productives et souvent arbitraire que connait l’industrie du jeu vidéo, c’est au tour de Ryan Cohen, PDG de GameStop. Le dirigeant nous fait part de son objectif lunaire de décupler la valeur boursière l’entreprise dont il est devenu le président du conseil administration en 2021.
En effet, GameStop a aujourd’hui une valeur de 10,68 milliards de dollars. L’objectif de l’entrepreneur est de faire monter cette valeur à 100 milliards de dollars, afin d’obtenir le bonus maximal de 35 milliards de dollars compris dans son contrat, sachant que l’entreprise doit au minimum atteindre une valeur de 20 milliards de dollars pour qu’il reçoive une rémunération à la fin de l’année fiscale. Cette close a été mise en place par le conseil d’administration afin « d’inciter » la création de valeur à long terme pour les actionnaires.
Comment multiplier la valeur de son entreprise par 10 ?
On se doute qu’étant donné le temps qui lui est imparti pour réaliser son exploit, ce riche patron ne rechigne pas à opérer des coupes drastiques dans les dépenses liées aux infrastructures et surtout aux salariés. Déjà, pendant l’année fiscale 2024, 590 magasins avait fermé. La firme avait définitivement quittée l’Irlande, la Suisse, l’Autriche et l’Allemagne. Elle avait aussi vendu sa filiale italienne, alors que Micromania en France et EB Games au Canada doivent encore trouver un acheteur.
L’année 2026 commence par la fermeture de 470 boutiques aux Etats-Unis et la fermeture des revendeurs EB Games restant établis en Nouvelle-Zélande. Ryan Cohen se veut actif et n’est qu’au début de son périple :
« Je n’ai pas sauvé GameStop pour m’arrêter là »
Il est maintenant question d’investir grâce aux 9 milliards de dollars en liquidités que détient GameStop. Une acquisition transformatrice est sérieusement envisagée. Cohen évoque le rachat d’entreprises cotées en bourse dans le domaine de la consommation et du commerce.
L’investisseur n’est pas le seul à croire en ses capacités, puisqu’après avoir acheté près de 500 000 actions de l’entreprise, faisant de lui l’actionnaire individuel majoritaire, l’action GameStop a augmenté de 4%. Le marché semble avoir confiance en son projet d’avenir qu’il qualifie soit de « génial », soit de « complètement fou ».
Ryan Cohen est un businessman des plus classiques qui cherche à faire fructifier ses investissements. Dans une époque où le marché physique du jeu vidéo est en crise, on s’attendait à voir continuer la vague de fermeture des enseignes. Mais force est de constater que ce phénomène s’accélère du fait de la voracité des grands groupes et de leurs besoins toujours plus important de profit immédiat, toujours au détriment de leurs salariés. Les licenciements par centaines qu’impliquent les coupes budgétaires tombent du jour au lendemain et sont sûrement annoncés avec autant de tact que les tweets mettant en avant la vente des autres enseignes.
Le marché physique en bout de course ?
Micromania et sa maison mère Gamestop ont déclaré un chiffre d’affaire et des bénéfices moins élevés que l’année précédente. Les ventes de Nintendo Switch 2 ont été moins élevées que les prédictions le laissaient entendre. La part de vente des jeux en dématérialisé ne cesse de grandir. Et les rumeurs vont bon train concernant une sortie différée de la version physique de GTA VI, ce qui n’arrangerait pas les boutiques tant cet évènement est déjà synonyme de record de ventes.
Il est difficile d’imaginer que GameStop et les magasins de jeux vidéos en général puissent garder l’aspect qu’on leur connait aujourd’hui, eux qui sont déjà forcés de s’adapter à l’évolution des habitudes de consommation et de diversifier les produits (cartes, jouets, manga,…) et les services qu’ils proposent. Il va falloir que ces boutiques changent profondément leur modèle pour survivre. Mais ce nouveau modèle existe-t-il seulement…?

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