Après plusieurs années de report, Subliminal est enfin sorti, mettant fin à l’attente d’une petite communauté de joueurs. Inspiré par les univers de type liminal spaces et les environnements des backrooms, le jeu a principalement impressionné par ses graphismes et son ambiance, qui correspondent parfaitement à cet étrange courant esthétique.
Subliminal est un jeu d’horreur psychologique. Chaque espace traversé est le fragment d’un souvenir. Les sous-sols, les parcs aquatiques, les aires de jeux… Rien n’est tout à fait normal : les toboggans mènent à des endroits improbables, les écrans de TV transportent d’un souvenir à l’autre, et les portes ramènent à la pièce de départ. Chaque lieu raconte une partie de l’histoire. Et si tout cela s’avère plutôt alléchant au début, la déception va vite s’imposer comme un fil conducteur.
(Test de Subliminal réalisé sur PC via une copie du jeu fournie par l’éditeur)
Dès les premières minutes, le jeu est époustouflant, que ce soit par ses graphismes ou ses bruitages, l’immersion est instantannée dans ce monde oppressant. Malheureusement, l’émerveillement sera de courte durée. L’approche d’un narrateur s’avère assez déroutante : dans un jeu de ce genre, la tendance est plutôt de laisser le joueur seul face à ses peurs.
Le titre prend ici le contre-pied total de cette approche. Si au début le choix du narrateur s’avère curieux sans être mauvais pour autant, plus les heures de jeu défilent, plus ce choix devient difficile à ignorer. Car même si l’univers et ses décors sont saisissants, le narrateur qui interrompt parfois sans raison finit par nuire gravement à l’expérience. C’est aussi à partir de là que tout ce qui semblait prometteur en début de jeu s’est vite éclipsé.
Une horreur (trop) classique
À la place, le titre bascule vers un jeu d’horreur classique. L’attrait principal repose sur les énigmes, tantôt résolues sans difficulté, tantôt sources de longues minutes de frustration au point de n’avoir aucune envie de continuer. De quoi briser l’immersion : plutôt qu’oppresser, le titre finit par agacer. Et si en plus le joueur peine à résoudre une énigme, le narrateur s’en mêle pour le faire remarquer, ce qui finit par briser l’immersion. La difficulté d’une énigme n’est pas censée être une source de frustration, surtout dans un titre de ce genre.
C’est d’ailleurs ses énigmes sans cohérence avec l’univers qui réussissent à éloigner encore davantage le joueur de ce que le titre souhaitait proposer initialement. Jouer avec des lumières sans logique narrative derrière entache encore plus l’immersion, et même si le système est quelque peu intéressant, se retrouver à manipuler des lumières façon Dumbledore n’apporte pas plus de cohérence à l’univers du titre.
Une narration subliminale ?
Subliminal est malheureusement loin d’être aussi liminal qu’il ne le laisse paraître. Le jeu pioche quelques idées apparues chez les classiques du genre, dans l’espoir sans doute de plaire au plus grand nombre. Il est frustrant de constater que les décors sont au final peu diversifiés, avec une réutilisation d’assets entre plusieurs niveaux et les mêmes types d’environnements.
Le design du monstre, directement inspiré de Poppy Playtime, sera sans doute le coup de grâce pour sortir définitivement le joueur de l’expérience. Ces choix cumulés étouffent progressivement une narration pourtant intrigante au départ, noyée sous un gameplay qui peine à donner envie de s’y replonger pour en découvrir tous les détails. Subliminal semblait pourtant avoir de quoi se démarquer, c’est d’ailleurs ce que laissait entrevoir la démo. La proposition est on ne peut plus classique, jusqu’à en devenir frustrante.
Si quelques idées sont intéressantes et que l’exploration s’avère agréable au début, le sentiment de retrouver une copie des jeux à succès du genre se fera vite ressentir. Dans un monde indépendant où les jeux d’horreur sont monnaie courante, il était normal d’espérer retrouver une touche d’originalité. Subliminal réussit pourtant à faire tout l’inverse. Si s’inspirer des autres titres n’est pas une fatalité en soi, il est bien dommage de n’en voir qu’une pâle copie sans jamais réussir à s’extirper de ses pairs. Le jeu avait pourtant un très bon début, mais il semble avoir vite été aspiré par la peur de vouloir plaire à tout le monde, quitte à perdre son identité et proposer un titre générique qui sera oublié aussitôt terminé (ou pas).


