Si les Jeux Olympiques représentent la compétition sportive internationale par excellence, ils n’en ont pas l’apanage pour autant. L’Asie a les Asian Games, le Pacifique a les Jeux d’Amérique Centrale et des Caraïbes, dont la 24e édition aura lieu cette année. Et les amateurs de compétition vidéoludique devraient se brancher dessus : quatre disciplines d’esport y seront représentées.
C’est un programme varié qui a été préparé par Centro Caribe Sports, qui organise la compétition. On y trouvera de la simulation sportive avec eFootball, du jeu de rythme avec Just Dance, du jeu de combat avec Street Fighter 6 et du MOBA avec League of Legends.
Pour pouvoir participer au tournoi principal de chaque jeu, les 32 pays en lice devront se hisser en haut du classement au cours de différents tournois qualificatifs. En plus des joueurs de la République Dominicaine, qui auront une place garantie puisque la République Dominicaine organise cette édition, ce seront entre cinq et sept nations qui seront représentées au cours de l’événement principal.

Les Caraïbes, une future région d’esport ?
La présence de l’esport aux Jeux d’Amérique Centrale et des Caraïbes ne vient pas de nulle part : cela fait depuis 2023 qu’un partenariat a été signé entre la Global Esports Federation et le Centro Caribe Sports. Parmi les objectifs du partenariat, les deux acteurs soulignaient une volonté de développer l’esport dans la région.
Cela explique également la pertinence du format. La compétition sera composée de deux jeux qui parleront très bien au grand public d’une part, un simulateur sportif et un jeu de rythme, de l’autre, ce sont deux genres très prisés du monde compétitif qui seront au rendez-vous : le jeu de combat et le MOBA. Cela permet de donner du crédit à l’événement aux yeux des personnes suivant les compétitions d’esport plus généralement.
Dans les faits, c’est surtout la présence de League of Legends qui est remarquée. Même au sein des compétitions de Tier 1, c’est à dire les jeux au circuit compétitif le plus suivi, League of Legends tire son épingle du jeu. Pour autant, la région est loin d’avoir une place de choix dans l’écosystème compétitif de Riot Games.
Toutefois, plus que par logique de représentation, le choix du jeu de Riot Games s’entend pour une autre raison : la Global Esports Federation a été fondée par nul autre que Tencent, qui possède Riot Games et League of Legends. Dans ces conditions, il est évident que Tencent va privilégier son titre, même s’il n’est peut-être pas forcément représentatif des jeux les plus populaires dans la région.
Qu’on s’entende bien : la présence du jeu de Tencent n’est pas volée. Elle donne effectivement du crédit à l’événement de par le rayonnement du MOBA dans l’esport. Toutefois, cela peut alerter sur un enjeu organisationnel de ces événements internationaux : si l’esport doit être représenté, et qu’il faut choisir des jeux reconnus dans la sphère compétitive, attention à ce que cela ne devienne pas une simple vitrine pour les éditeurs.
Vers l’esport aux Jeux Olympiques
Ce qui reste certain, c’est que la place de l’esport dans les événements de sport internationaux tels que les Jeux Olympiques est très débattue. En ajoutant ces quatre épreuves à son événement, le Centro Caribe Sports remet une pièce dans la machine. Si ce n’est pas la première région qui le fait, il suffit de voir l’importance des Asian Games pour les fans de joueurs coréens, reste que les Jeux Olympiques, qui font office de référence, traînent encore la patte.
Que ce soit une faute de conjecture, avec les désaccords qui ont fait tomber le projet développé en Arabie Saoudite par le CIO ou un problème de gestion, l’intégration de l’esport reste compliquée. Tel que c’est pensé actuellement, avec un rejet total des jeux de Tier 1 car trop violents, difficile de voir le comité olympique s’en sortir. D’un côté, les amateurs d’esport trouveraient la compétition malhonnête, puisqu’elle ne serait pas adaptée à la réalité du milieu, de l’autre, les réfractaires ne seraient pas satisfaits non plus.
Plus qu’implémenter l’esport, il faut le faire bien. Il faut que cela ait du sens. Ce n’est pas forcément l’implication des éditeurs, qui essaieront toujours de tirer profit de la situation, qui est essentielle. Ce qu’il faut, c’est une réelle connaissance du milieu avec une compétition qui est choisie par le CIO. Les acteurs pensant le système doivent être conscients des enjeux actuels rencontrés dans les disciplines e-sportives et voir un réel intérêt à l’intégration de l’esport dans la compétition.
Les Jeux d’Amérique Centrale et des Caraïbes montrent un modèle qui se veut synthétique, en se composant seulement de quatre jeux, mais relativement représentatif. Si l’on peut regretter l’absence d’un titre FPS, qui est le second genre le plus joué en tier 1, il est clair que cette compétition internationale suit un mouvement, qui, nous devons l’espérer, devrait bien finir par atteindre le CIO.

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