Quelques semaines après l’action judiciaire engagée contre le jeu par l’État de Louisiane, Roblox enregistre un impressionnant record d’utilisateurs simultanés. Ce sont 47,3 millions de joueurs qui étaient connectés en même temps le 23 août dernier ! Difficile à croire quand on pense à l’actualité peu reluisante qui entoure Roblox ces dernières années…
Le jeu de tous les records
Prenons un instant pour mesurer l’ampleur de ce chiffre impressionnant. 47,3 millions, c’est quasiment la population de l’Espagne ! En mars dernier, c’est Steam détenait le record de joueurs simultanés, avec 41,2 millions de personnes connectées, en prenant en compte tous les jeux disponibles sur la plateforme. Roblox bat dans la foulée son propre record de 32,7 millions, atteint en janvier dernier : un bond impressionnant en l’espace de quelques mois.
Ce sont deux jeux en particulier, « Grow a Garden » et « Steal a Brainrot », qui attirent à eux seuls la majeure partie des utilisateurs sur la plateforme. Utilisateurs qui sont, pour 40 % d’entre eux, âgés de 12 ans ou moins.

Alors que le PDG de Roblox David Baszucki se félicite de ce record sur X, de nombreux internautes s’empressent de lui répondre avec des captures d’écrans des jeux les plus problématiques, ou des rappels des dernières polémiques entourant sa plateforme. On évoquait plus haut l’action en justice qui oppose Roblox à la Louisiane (la Procureure générale de l’État avait dit que le jeu était un terrain de chasse idéal pour les prédateurs sexuels…), mais nous aurions tout aussi bien pu parler du modèle économique du jeu ou des nombreux problèmes de sécurité pour le jeune public.
Roblox, symptôme de l’industrie ?
Bien sûr, impossible de parler de Roblox sans évoquer ces scandales. Mais il serait trop facile de s’arrêter là. Soyons honnête : « Grow a Garden » est en soi un jeu parfaitement innocent où on plante des graines et récolte des plantes, bien loin de l’image problématique qu’on connait, à base de prédateurs et de jeux sexuels. On comprend aussi l’attrait mondial d’une plateforme gratuite disponible sur mobile : un accès très facile, partout dans le monde, à des centaines de jeux.
Des jeux parfois créatifs, souvent addictifs (d’autant plus auprès d’un jeune public), quand ils ne sont pas des plagiats version Roblox de titres bien connus, permettant ainsi à n’importe qui de s’amuser gratuitement sur des ersatz de AAA.
Interrogeons nous plutôt sur les implications que ce record pharaonique peut avoir sur l’industrie du jeu vidéo. En 2023, une étude nous apprenait que 5 titres représentaient à eux seuls près de 25% du temps de jeu mondial : Roblox, Fortnite, Call of Duty, Minecraft et GTA V. Des jeux qui ont quasiment tous un aspect « jeu service », avec du contenu récurrent, des saisons, et une peur de manquer (FOMO, Fear Of Missing Out) si on ne s’y connecte pas régulièrement.
Alors que l’industrie est de plus en plus instable, pourquoi les éditeurs et investisseurs risqueraient de croire en des jeux à l’avenir incertain, quand il « suffit » d’avoir un gros jeu service qui retient les utilisateurs en masse pendant des années ? Et quand bien même, comment se faire sa place avec un nouveau jeu service face à de tels mastodontes ?
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