Pendant plus d’une décennie, la Pologne s’est imposée comme l’un des principaux pôles européens du développement de jeux vidéo, portée par une forte visibilité internationale et par des dispositifs publics de soutien à la production et à la recherche. Des acteurs comme CD Projekt, 11 bit studios ou encore Bloober Team en sont devenus les figures les plus influentes.
Malgré cela, les derniers rapports sectoriels montrent un net ralentissement et l’industrie polonaise du jeu vidéo enregistre une baisse simultanée de l’emploi, des revenus et du nombre de studios actifs. Face à ce constat, le ministère de la Culture et du Patrimoine national a annoncé l’élaboration d’une stratégie nationale dédiée aux jeux vidéo, pensée comme un plan de sortie de crise pour le secteur culturel.

Faites parlez les chiffres
L’un des indicateurs jugés les plus révélateurs par le ministère dans son rapport concerne la présence des productions polonaises dans le classement des 200 jeux les plus ajoutés aux listes de souhaits sur Steam. En 2021, au terme du programme d’aide public GameINN, la Pologne occupait une position dominante : 38 titres figuraient dans le Top 200, un niveau de visibilité supérieur à celui des États-Unis, du Canada ou du Royaume-Uni.
Dès 2023, le nombre moyen de titres polonais dans ce classement chute à 30,5. Si la position reste solide à l’échelle internationale, le recul est déjà significatif. À titre de comparaison, et sur la même période, l’Allemagne enregistre une progression rapide, passant de quelques jeux en 2021 à 10,5 titres en 2023.

En 2025, la Pologne tombe à 12 titres présents dans le Top 200, glissant de la première place en 2021 à la septième place mondiale. L’emploi recule de 15 300 à 14 500 personnes sur les deux dernières années ; le chiffre d’affaires, quant à lui, passe d’environ 6 milliards à 5,5 milliards de zlotys sur la même période, indépendamment des cycles de sorties de grandes productions. Au moins 120 studios ont cessé leurs activités, soit près d’un quart des entreprises auparavant actives.
Les auteurs du rapport plaident pour le retour d’un soutien public structurant, à travers le lancement d’un GameINN 2.0 financé par des fonds nationaux et européens. L’enjeu n’est pas de subventionner des succès isolés, mais de sécuriser l’emploi, l’innovation et la pérennité d’un secteur désormais exposé aux seules logiques de marché. Sans intervention publique durable, l’industrie du jeu vidéo polonaise risque de poursuivre sa contraction au détriment des travailleurs comme de la diversité créative.

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