Ivan Marchand et Arthur Van Clap, deux vétérans français passés par Electronic Arts et Ubisoft, viennent de lancer Gamevestor, une plateforme qui se veut une réponse à la crise de financement que traverserait le jeu vidéo.
Car si le secteur se porte mieux que jamais (avec en 2025 un impressionnant +20% de CA par rapport à 2024), cette bonne santé ne ruisselle pas sur tout le monde. On sait en effet que les investisseurs et les gros éditeurs sont de plus en plus frileux, ne réservant leurs carnets de chèques qu’aux suites, portages, et autres « succès du moment », entre game as a service et Souls-like (attendons-nous à voir débarquer des jeux inspirés de Clair Obscur ou de Silksong d’ici quelques mois…). Gamevestor veut proposer une solution aux projets qui ne répondent pas à cette description.
Pour s’assurer de la confiance de ses futurs partenaires, la plateforme propose un modèle qui veut « garantir » la solidité des projets qu’elle financera : les jeux « candidats » sont étudiés par un panel indépendant de cinq professionnels du secteur, et la solidité financière des studios doit être démontrée. De plus, Gamevestor privilégiera les studios basés en Europe (« privilégiera » seulement, la plateforme ne s’interdit rien).
Premier succès pour Marchand et Van Clap, les deux français ont réussi à lever un million d’euros pour lancer la plateforme, dont le site est déjà en ligne. On y découvre les trois premiers jeux qui seront soutenus : Immortal and the Death that Follows, un hack’n’slash ; Void Reaver, un Roguelite avec des éléments de survie ; et Black One Blood Brothers, un FPS dans un contexte militaire. Difficile de dire que ce sont des projets follement originaux qui n’auraient pas trouvé de financement ailleurs du fait de leur prise de risque…
On souhaite évidemment le succès à Gamevestor. Et dans la valse des fermetures de studios que l’on connait depuis quelques années, chaque initiative menant à soutenir les petites ou moyennes structures est à saluer. Cependant, on est un peu dubitatif sur l’idée de base. Le « Kickstarter à la française » existe déjà, c’est Ulule (entre autres). Certes, la plateforme n’est pas 100% dédiée au jeu vidéo, et peut-être que ce ciblage fera la différence. Mais Ron Gilbert (The Secret of Monkey Island…) avait déclaré récemment que selon lui, le financement participatif de jeux vidéo n’était déjà plus une solution viable…
On se souvient d’ailleurs (ou pas…) de KuneKune, une plateforme de financement participatif lancée par quelques YouTubeurs français tels que Benzaie, Bob Lenon ou Joueur du Grenier. La plateforme partageait à peu de choses près la philosophie affichée par Gamevestor (offrir de la visibilité aux créateurs, une curation des projets sélectionnés…), s’était occupé avec succès du financement du jeu Maliki, et devait connaître son expansion et de nouveaux projets courant 2025. Elle n’a jamais plus eu d’actualité après Maliki and the Poison of the Past…

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