Vendu à un tarif beaucoup trop élevé et accompagné d’une ludothèque bien trop peu fournie, on ne donnait pas cher de la peau du PSVR2. Il est aujourd’hui toujours vivant, mais à l’agonie. Vendu encore bien plus cher et sans aucun jeu, on se demandait à qui pouvait bien s’adresser le casque VR Apple Vision. On a vite eu la réponse : à personne. Et quelques mois à peine après sa sortie, l’appareil a vu sa production stoppée.
Parmi les géants du secteur, il ne restait plus que Meta pour soutenir la réalité virtuelle. Mais si vous suivez l’actualité, vous savez déjà que même la firme de Mark Zuckerberg se retire à pas feutrés, et malgré tous ses investissements dans le « métavers » (quoi que cela pouvait vouloir dire…).
Alors, la VR, c’est mort ? Pas tout à fait. D’abord parce qu’on constate que la technologie repointe régulièrement le bout de son nez, par cycles. Mais aussi parce qu’il reste probablement une niche d’amateurs enthousiastes pour faire vivre le support, qui, bien employé, peut offrir de vraies belles expériences. Néanmoins, l’explosion envisagée après le succès d’Occulus aura eu plus à voir avec un pétard de catégorie F2 qu’avec le Big Bang qui aurait dû donner naissance au fameux Métavers fantasmé. Et le pic semble désormais derrière nous.
RV comme réalité virtuelle, RV comme rendez-vous… en 2030
Et c’est ce moment tout pile qu’a choisi la France pour organiser ses « Rencontres autour des technologies immersives et des univers virtuels », le 12 janvier dernier, à Bercy. Était au programme la présentation de 11 lauréats d’un appel à projets sur le thème « Technologies innovantes des univers virtuels immersifs », visant à participer à faire de la France une « championne des technologies immersives ».
Et pour ce faire, rien de moins que quelques milliards d’euros de subventions pour « bâtir une filière souveraine, industrielle et exportatrice » (des milliards qui ne vont pas tous à la VR, soyons honnêtes, mais plus généralement à un programme de soutien aux « technologies innovantes) ». Pourquoi pas. Sauf que de milliards, on n’en avait pas vraiment besoin : il suffisait d’attendre. Maintenant que tout le monde a quitté la compétition, la France est certaine d’être « championne »…!
Un décalage très franco-français qui nous rappelle un peu l’histoire racontée dans le roman Comédies Françaises (Eric Reinhardt, éditions Gallimard, 2020), où l’on découvre comment les pouvoirs publics des années 70 ont décidé de privilégier le développement du Minitel à celui de la technologie qui donnera naissance à internet.
Là où la France vise peut-être juste, c’est que ces investissements sont annoncés dans le cadre d’un programme intitulé France 2030. Et on sait que la VR apparait et disparait par vagues d’environ 20 ans (le tout premier casque créé à l’Université de l’Utah dans les années 70 ; les essais de SEGA, en arcade notamment, début 90 ; le succès d’Occulus dès 2013). Son retour devant le grand public devrait donc être programmé justement vers mi-2030. Avec la France comme porte drapeau ? Accrochez vous, vous n’êtes pas prêts pour le Minitel de la VR !

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