Le vent du soulèvement continue de souffler dans l’industrie du jeu vidéo. Face à une précarisation généralisée, à des vagues de licenciements devenues monnaie courante et à une stagnation des conditions de travail, une riposte syndicale d’ampleur nord-américaine vient de voir le jour : United Videogame Workers. Cette nouvelle fédération regroupe désormais plusieurs structures syndicales existantes et se donne pour mission de défendre tous les travailleurs du secteur, peu importe leur statut : CDI, CDD, freelance, intérimaires ou encore prestataires.
Un front commun qui entend peser lourd face aux géants de l’industrie et qui marque une étape décisive dans la structuration des luttes sociales dans le jeu vidéo. Car si des syndicats ont émergé ici et là ces dernières années, cette fédération continentale est un signal fort : celui d’une volonté d’unification, d’une riposte globale à la précarisation systémique des métiers du jeu vidéo.
Cette naissance intervient dans un contexte de crise sociale sans précédent : près de 10 000 licenciements en 2023, et une hécatombe qui s’est poursuivie jusqu’à aujourd’hui avec des coupes budgétaires massives, affectant tous les corps de métier, des développeurs aux équipes de QA.
Dans un secteur dans lequel beaucoup enchaînent les missions en freelance ou comme sous-traitants, l’absence de droits collectifs cohérents était un angle mort de la mobilisation. United Videogame Workers ambitionne de combler ce vide et de porter la voix des travailleurs.
Ce mouvement s’inscrit également dans une dynamique de lutte plus large, bien au-delà des frontières américaines. En France, le Syndicat des Travailleurs et Travailleuses du Jeu Vidéo (STJV) a récemment mené une grève générale historique, le 13 février 2025, une première à l’échelle de l’industrie française. Portée par une colère grandissante et une volonté de mettre fin à l’impunité des directions.
Le STJV multiplie les mobilisations dans de nombreux studios (Dontnod, Ubisoft, Virtuos, etc.), avec des revendications claires : la préservation des emplois, l’amélioration des conditions de travail, un plus grand pouvoir de décision des travailleurs sur leurs productions, et plus de transparence sur les finances de leurs entreprises.
Le jeu vidéo n’est plus uniquement un terrain de jeu pour les investisseurs : il devient aussi un terrain de lutte. Et c’est peut-être là que se joue l’avenir du médium. La United Videogame Workers est une preuve supplémentaire que la colère est mondiale, et qu’un autre modèle est possible, mais qu’il faudra l’arracher comme toute lutte sociale.
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